Gravures symbolistes et dessins de Delacroix

Le 14 septembre 2021, par Sophie Reyssat

Un carnet inédit dévoile de nouvelles études de paysages du chef de file du romantisme.

Eugène Delacroix (1798-1863), carnet avec dessins et notes autographes, 1857-1858, in-12 de 48 ff., dos de basane noire, plats de papier noir gaufré de rinceaux végétaux, étiquette manuscrite et cachet de l’atelier en cire rouge au chiffre «ED», étiquette du papetier. 
Estimation : 50 000/60 000 €

Le souvenir des peintres les plus célèbres revit avec cette nouvelle dispersion des collections Aristophil, qui se focalise sur la thématique des beaux-arts. Une quarantaine de lots évoqueront Eugène Delacroix, des lettres essentiellement, mais aussi ce carnet, qui ne demande qu’à être étudié. Il contient 37 dessins exécutés au crayon noir, assorti de deux aquarelles, essentiellement réalisés à Plombières – une station thermale du sud des Vosges, où il se rendit pour prendre les eaux, en 1857 –, puis à Augerville, dans le Loiret, et enfin Champrosay, dans l’Essonne. Pas moins de 23 croquis sont des paysages, un thème récurrent dans son travail. Ils ont été rapidement immortalisés sur le vif lors de ses promenades, accompagnés de quelques personnages, de chevaux et de charrettes à foin, dont il a apprécié l’«effet charmant et rustique». La plupart des dessins sont datés, et souvent annotés, les indications de couleurs montrant sa façon de travailler. Accordant une grande importance aux esquisses, Delacroix a expérimenté toutes les techniques. Conservées dans le secret de son atelier de la rue de Furstemberg, ses très nombreuses études ont été dévoilées par sa vente après décès, en février 1864, à Paris. Une autre facette du peintre était ainsi révélée. Si quelque 1 200 dessins sont aujourd’hui conservés au Louvre, il en existerait plus de 10 000. L’œuvre d’un autre artiste, Vassily Kandinsky, sera illustrée de manière intime : il livre ses réflexions esthétiques dans une correspondance adressée en russe à l’amateur d’art Andreï Andreïevitch Pappe, en 1900 (30 000/35 000 €). Le jeune peintre délivre une leçon pratique au dessinateur en herbe, évoquant le «principe de la sphère», qu’il a étudié à Munich auprès d’Anton Azbe, exécutant cinq croquis explicatifs, et dispensant ses conseils en matière de composition, mais aussi d’emploi des couleurs. L’art des graveurs sur bois sera mis en exergue par la collection complète de la revue L’Image –assortie d’un rare spécimen – réunie dans un écrin d’exception : une reliure symboliste de 1900 signée René Wiener (15 000/20 000 €, voir photo page de droite et page 74).
 

L’Image, revue artistique et littéraire ornée de figures sur bois (Paris, Floury, décembre 1896-décembre 1897, spécimen et 12 numéros avec
L’Image, revue artistique et littéraire ornée de figures sur bois (Paris, Floury, décembre 1896-décembre 1897, spécimen et 12 numéros avec les couvertures conservées, relié en un fort volume in-4° (33,8 26,8 cm), reliure à décor en cuir mosaïqué, doublure et gardes de papier art nouveau (René Wiener d’après Georges de Feure).
Estimation : 15 000/20 000 €
jeudi 23 septembre 2021 - 14:15 - Live
Neuilly-sur-Seine - Hôtel des ventes, 164 bis, avenue Charles-de-Gaulle - 92200
Aguttes , Les Collections Aristophil
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