Graver pour le Roi. Collections de la Chalcographie du Louvre

Le 12 mars 2019, par Christophe Dorny

Musée du Louvre, Paris Ier, tél. : 01 40 20 50 50, www.louvre.fr Jusqu’au 20 mai 2019.

Charles Nicolas Cochin fils (1715-1790), Dessein de l’illumination et du Feu d’Artifice - Donné à Monseigneur le Dauphin/Le 3.e - Septembre 1735, 1737, eau-forte et burin, 36 x 48 cm.
© BnF

Installée au Louvre, la Chalcographie est une institution bien singulière, qui n’a que peu d’équivalent dans le monde. Elle est née en 1787, sous le Directoire, du souhait de conserver et de diffuser un ensemble patrimonial exceptionnel de plaques gravées (plusieurs milliers à l’époque) servant à imprimer les estampes, constitué sous Louis XIV. Et d’en vendre les tirages pour financer les nouvelles acquisitions. Le point de départ de cette collection est la célébration du Roi-Soleil et de ses successeurs. Les meilleurs graveurs (Gérard Audran, Gérard Edelinck, Claude Mellan…) sont choisis par Colbert pour immortaliser, et surtout diffuser, les images des collections royales et les édifices architecturaux. Dans l’exposition, plaques en zinc et tirages sont présentés en regard pour apprécier la richesse phénoménale du minutieux travail de la gravure au burin. À plusieurs reprises, le visiteur a même droit à un «triptyque» : la peinture ou le dessin source de la reproduction, la plaque gravée et l’estampe. Les fêtes royales et les cérémonies funèbres sous Louis XV et Louis XVI rythment le deuxième fonds de la Chalcographie. L’exposition s’achève avec plusieurs dizaines de pièces de la troisième collection, à savoir les morceaux de réception de l’Académie royale de peinture. C’est tout un pan de l’histoire française de la gravure, finalement très liée au pouvoir royal, qui est ainsi revisité. Dans un souci de conservation, la Chalcographie n’imprimera plus les estampes antérieures à 1848. Elle perpétue néanmoins la tradition en faisant travailler chaque année dans son atelier des artistes contemporains.

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