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Goya décrypté à Lille

Le 16 novembre 2021, par Christophe Averty

Goya décrypté à Lille
Francisco de Goya (1746-1828), La Porteuse d’eau, vers 1809-1812, huile sur toile, 68,7 50,5 cm, Szépmüvészeti Müzeum (musée des beaux-arts), Budapest.
© Szépmüvészeti Müzeum, Budapest

Immersion. Le mot, appliqué à une exposition, fait souvent craindre une débauche d’images virtuelles faisant hélas oublier les œuvres. Pour trouver un juste équilibre entre l’attrait du spectaculaire et un propos érudit, le Palais des beaux-arts de Lille a misé sur l’intrigue. S’attelant à percer le mystère des deux fleurons – Les Jeunes et Les Vieilles du peintre espagnol –, le musée en sonde l’histoire, nourrie de recherches et d’hypothèses mises en perspective d’interprétations posthumes. En préambule, dans l’atrium, une projection à 360° résume en images la production du peintre, des amènes portraits de jeunesse à ses peintures noires. Bien que parsemé d’animations anecdotiques, ce monumental fondu enchaîné, réalisé par Régis Cotentin, commissaire général de l’exposition, permet d’entrer d’emblée dans l’univers contrasté que déploie une quarantaine d’œuvres du maître en contrebas. Là, quatre espaces thématiques –intitulés « Vida », « Maja », « Nada » et « Obra » – éclairent la vie du peintre et l’évolution de sa vision, des paisibles scènes madrilènes (Le Parasol, Les Lavandières) aux portraits humbles (Le Rémouleur) ou aristocratiques (Mariana Waldstein) avant son basculement dans l’isolement tourmenté de sa surdité. Cette seconde époque est évoquée par la reconstitution virtuelle des fresques en couleur de la Quinta del Sordo, entourée des Caprices et des Désastres de la guerre. Au fil de la scénarisation des œuvres de Goya, conviant leurs interprétations graphiques (Hommage de Salvador Dalí), cinématographiques (de Federico Fellini à Milos Forman) ou contemporaines (Jake et Dinos Chapman), sont révélés les secrets du duo iconique Jeunes et Vieilles. Un film du C2RMF retraçant leur étude en laboratoire révèle notamment la disparité de touche et de format des deux œuvres, ne pouvant définitivement plus apparaître comme le pendant l’une de l’autre. « Cette expérience, où l’image vidéo ou numérique soutient et éclaire l’œuvre originale, propose une alternative », souligne Bruno Girveau, directeur du musée. Un work in progress, comme l’histoire elle-même ?
 

Palais des beaux-arts,
place de la République, Lille (59), tél. 
: 03 20 06 78 00.
Jusqu’au 14 février 2022.
pba.lille.fr

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