Girault de Prangey, photographe (1804-1892)

Le 06 juillet 2021, par Virginie Huet
Joseph-Philibert Girault de Prangey, Djèbel Selsêleh. Petit temple 1842-1843, daguerréotype, 9,5 12 cm, Paris, BnF, département des Estampes et de la Photographie.
© Photo Bnf

Fabuleux destin que celui de Joseph-Philibert Girault de Prangey, dernier du nom, né à Langres après la Terreur, en 1804, et mort quatre-vingt-huit ans plus tard et vingt-huit kilomètres plus loin, à Courcelles-Val-d’Esnoms, villa des Tuaires, folie néomauresque bâtie selon ses plans (voir Gazette n° 28 du 17 juillet 2020). Daguerréotypiste virtuose sans doute initié par Daguerre lui-même, mais aussi peintre et dessinateur, archéologue et historien, amateur de plantes exotiques et d’oiseaux rares, l’aristocrate laissera derrière lui un millier de plaques d’argent, découvertes à la fin des années 1920 au grenier de son « petit paradis » artificiel. La plupart datent de son grand tour, entrepris de 1842 à 1844, dont il se réjouit de rapporter les « traces fidèles et précieuses qui ne changeront pas ni avec le temps ni avec la distance ». « C’est la part la plus exceptionnelle de son œuvre, la mieux connue à l’heure actuelle, celle qui en a fait, à la faveur de ventes aux enchères très médiatisées dans les années 2000, une figure incontournable de l’histoire de la photographie et le daguerréotypiste le plus cher au monde », rappelle Thomas Galifot, conservateur en chef pour la photographie au musée d’Orsay, et commissaire — avec Sylvie Aubenas, directrice du département des Estampes et de la Photographie à la BnF —, de cette exposition d’ambition monographique. Seule une des sept séquences du parcours chronologique et tamisé – fragilité des œuvres oblige – retrace ce « pèlerinage » enchanteur. Pourquoi ? Pour « sortir du roman », et prouver que la magie de l’étranger opère aussi à domicile. De retour sur ses terres, Girault de Prangey fait un « voyage immobile » et innove encore, cette fois sur papier. Comme s’il voyait du même œil les bas-reliefs de Notre-Dame avant sa restauration par Viollet-le-Duc, une jeune fumeuse de narguilé dans les rues du Caire, ou une paroi rocheuse des Alpes suisses.

Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion d’honneur, Paris VIIe, tél. : 01 40 49 48 14.
Jusqu’au 25 juillet 2021.
musee-orsay.fr
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