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Georg Baselitz. Works on paper à la galerie Putman

Publié le , par Céline Piettre

La galerie Putman, à une centaine de mètres du Centre Pompidou, propose pour quelques semaines un prolongement intime de la rétrospective Georg Baselitz qui s’y tient jusqu’au 7 mars 2022 (voir Gazette n° 40, page 242). On découvre, dans les deux petites pièces de la rue Quincampoix, vingt-six gravures du peintre et sculpteur...

Georg Baselitz (né en 1938), Sing Sang, BDM I, 2012, eau-forte, 147,5 x 99 cm. Galerie... Georg Baselitz. Works on paper à la galerie Putman
Georg Baselitz (né en 1938), Sing Sang, BDM I, 2012, eau-forte, 147,5 99 cm.
Galerie Catherine Putman


La galerie Putman, à une centaine de mètres du Centre Pompidou, propose pour quelques semaines un prolongement intime de la rétrospective Georg Baselitz qui s’y tient jusqu’au 7 mars 2022 (voir Gazette n° 40, page 242). On découvre, dans les deux petites pièces de la rue Quincampoix, vingt-six gravures du peintre et sculpteur allemand, datées de 1982 à 2019 – et tirées à moins de vingt exemplaires pour la plupart d’entre elles –, ainsi que deux dessins de 2004. La monumentalité et la dimension matiériste, parfois doloriste, de son travail sont troquées ici contre une expérimentation joyeuse des procédés d’impression que l’auteur, lui-même collectionneur d’estampes assidû, explore depuis les années 1960. Le médium favorisant une certaine distance émotionnelle – à moins que ce ne soit les lois de l’accrochage –, c’est un Baselitz tragi-comique qui se dévoile, semblant s’amuser des traces laissées par le passage de la presse et des possibilités graphiques que lui offrent l’eau-forte et la xylogravure – laquelle est parfois rehaussée d’aquarelle. À ces deux techniques de prédilection se sont ajoutées avec le temps la linogravure et l’aquatinte. Associée à la pointe-sèche, la dernière donne vie à une série d’études de mains de 2019, intitulée «Eine Hand ist keine Faust» («La main n’est pas un poing»), réunie chez Putman en un ensemble de douze épreuves : un clin d’œil à l’histoire de l’art devenu alphabet visuel. Sur la cimaise d’en face, un homme sans tête, comme planté à l’envers dans le sol, prend racine dans une explosion de couleurs vives. Ces fragments de corps (Mano II et Mano VI), nus féminins vibrants peinant à stabiliser leurs contours ou sombres figures inversées – dans la seconde salle –, sont proposés entre 2 000 et 12 000 € – à l’exception des aquarelles, accessibles à 84 000 €. Nous sommes bien loin des prix des peintures et sculptures de cet artiste à la cote brûlante… L’effet se faisait d’ailleurs sentir dès le vernissage, où la liste d’œuvres s’ornait déjà d’une constellation de points rouges.

Galerie Catherine Putman,
40, rue Quincampoix, Paris 
IV
e, tél. : 01 45 55 23 06.
Jusqu’au 15 janvier 2022.
www.catherineputman.com

 
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