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Galerie Templon : Philippe Cognée, Carne dei Flori

Publié le , par Henri Guette

C’est sur le point de faner complètement que les fleurs exhalent leur parfum le plus capiteux. Dans sa dernière série, Philippe Cognée (né en 1957) décline amaryllis et pivoines, roses et tournesols, au moment où ils se défont. Convoquant l’histoire des drapés autant que celle des natures mortes, le peintre joue des plis...

Philippe Cognée (né en 1957), Pivoine, 2019, peinture à la cire sur toile, 200 x 150 cm.... Galerie Templon : Philippe Cognée, Carne dei Flori
Philippe Cognée (né en 1957), Pivoine, 2019, peinture à la cire sur toile, 200 150 cm.
Courtoisie de l’artiste et galerie Templon

C’est sur le point de faner complètement que les fleurs exhalent leur parfum le plus capiteux. Dans sa dernière série, Philippe Cognée (né en 1957) décline amaryllis et pivoines, roses et tournesols, au moment où ils se défont. Convoquant l’histoire des drapés autant que celle des natures mortes, le peintre joue des plis et replis. Dans l’ourlet d’un pétale, on retrouve ainsi le rouge sang, le rose chair et le blanc d’une peau diaphane. Par sa gamme chromatique, «Carne dei Flori» poursuit la série des «Carcasses». Les fleurs ont une odeur de viande, comme les crânes avaient le contour de visages dans l’exposition «Blossom» de 2006. Le motif floral n’est pas une surprise dans l’œuvre de l’artiste habitué aux vanités, mais sur fond noir, il devient étonnamment dramatique. Souvent qualifié de peintre du quotidien pour avoir représenté des réfrigérateurs, des lave-vaisselle ou même des supermarchés de façon crue, Cognée est un maître du cadrage serré. Dans les gros plans sur des pétales défraîchis et des pistils éclatés sourdent une inquiétude et une indéniable sensualité : comme si, dans une pivoine, pouvait tenir la mort de Sardanapale… Sa technique de peinture à la cire donne une présence particulière à la matière, tel ce flou accentuant la fragilité d’un bouquet prêt à tomber. Cognée n’a jamais caché son affection pour Soutine, et l’on peut retrouver dans ce travail le même sentiment lourd d’un pourrissement magnifique. On ressent dans ces sujets communs et encore sublimés une confiance en la peinture et une intimité avec la toile. Rien de plus simple que de peindre une fleur, pourrait-on croire, mais là est peut-être le sommet d’une carrière.

Galerie Templon,
28, rue du Grenier-Saint-Lazare, Paris 
IIIe, tél. : 01 85 76 55 55.
Jusqu’au 7 mars 2020.
www.templon.com
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