Galerie Templon : Claude Viallat. Sutures et varia

Le 11 février 2021, par Virginie Chuimer-Layen
Claude Viallat (né en 1936), Sans titre n° 297, 2020, acrylique sur montage de tissus, 119 181 cm. 
© Courtesy Templon, Paris - Brussels

Avec cette nouvelle exposition, Claude Viallat (voir Gazette n° 32, 12 septembre 2019) livre, à 85 printemps, une énième démonstration de sa capacité à se renouveler sans jamais se trahir. 25 pièces réalisées entre 2018 et 2020 – durant les récents confinements –, sont présentées pour la première fois dans les espaces de la galerie rue du Grenier Saint-Lazare. Cette fois-ci, ces peintures aux couleurs tantôt acidulées, tantôt vibrantes, se superposant à celles de la toile choisie au préalable, révèlent une variante de taille. En effet, fait nouveau, l’artiste nîmois y introduit des fragments de tissus provençaux, disposés de manière à donner l’illusion de « sutures » qui font le lien entre les différentes parties de l’œuvre. Soigneusement plié et collé avec de la peinture blanche débordant du « cadre », ce nouveau matériau – dont certains des motifs imprimés, comme les têtes de taureaux, sont chers à l’artiste – confère à l’ensemble un dynamisme et un sens de lecture inédits. Les bâches militaires, les tissus d’ameublement ou toiles de parasol, sont de temps à autre associés à des nuanciers de tissus. Présentés tels quels, ou assemblés en de grands « tableaux » géométriques, voire aussi retournés en partie afin de faire apparaître l’envers de la toile, ces œuvres jouent sur les pleins, les vides, sur les différentes épaisseurs, les tensions et relâchements des matières, comme sur les rapports entre les formes de chaque tissu et celle de l’œuvre définitive. Ainsi, l’artiste historique du mouvement supports-surfaces n’en finit-il pas d’interroger la notion d’œuvre d’art et ses constituants. Mais aussi celle de la réparation, comme la sempiternelle question de l’image réellement perçue par notre œil et celle que l’on croit discerner. Une exposition indéniablement esthétique qui, par sa scénographie juste et aérée, ses peintures chatoyantes aux dimensions souvent importantes, tissant un lien avec l’espace et le visiteur, fait du bien, à l’heure de la morosité ambiante.

Galerie Templon,
28, rue du Grenier Saint-Lazare, Paris 
IIIe, tél. : 01 85 76 55 55.
Jusqu’au 20 mars 2021.
www.templon.com
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