Galerie Templon : Chiharu Shiota, Inner Universe

Le 16 juin 2020, par Virginie Chuimer-Layen
Chiharu Shiota (née en 1972), In the Hand, 2020, bronze et fil de métal, 13,5 21,5 29,5 cm.
Courtesy Galerie Templon, Paris-Brussels © Adagp, Paris 2020

De fines mains en bronze portant telles des offrandes de petites sphères de fil métallique, ou d’autres mains encore d’où jaillissent des formes géométriques en laiton, des perles de verre ornées d’une délicate résille, semblables à des cellules organiques gonflées de suc… Ailleurs, des vêtements féminins, livres d’anatomie et albums photo emmaillotés dans un dense réseau de fils, à côté de quelques tableaux tressés évoquant des constellations cosmiques ou des mues de serpent aux nuances dégradées… Au travers de ces œuvres, pour la plupart produites cette année, l’artiste japonaise Chiharu Shiota, réputée pour ses grandes installations arachnéennes, nous parle de l’homme, de sa chair et de son esprit. Ses séries de sculptures – «Cells», «State of Being», «In the Hand», «Skins» - et ses puissantes aquarelles, crayon et fil rouge sur papier nous invitent dans son univers intérieur («Inner Universe»), souvent en souffrance. Dans la première salle, State of Being (Dress), figurant une immense robe blanche comme prisonnière de fils noirs, surgit sous nos yeux tel un spectre. À côté, la nef centrale est le lieu de la singulière installation Out of my Body. Là, des pièces de cuir de vachette et de chèvre lacérées, couleur rouge sang, sont suspendues comme des carcasses au-dessus d’une petite sculpture figurant deux pieds, ceux de sa fille, coulés dans le bronze. Avec ces représentations de corps démembrés, ces membranes de fil, ces présences fantomatiques ou objets flottant dans un réseau textile serré, Chiharu Shiota offre, avec poésie et ambiguïté, un écho universel à sa propre histoire. La matière fragile et familière tranchant avec le radicalisme du propos évoque la finitude, les liens ténus au monde et à autrui, la mémoire, tout en célébrant l’espoir à travers ses «Cells», gorgées de vie.

Galerie Templon,
28, rue du Grenier-Saint-Lazare, Paris 
IIIe.
Jusqu’au 25 juillet 2020.
www.templon.com
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