Foujita et Prud’hon, jeune fille en fleurs...

Le 01 juillet 2021, par Anne Doridou-Heim

Pierre-Paul Prud’hon et Léonard Tsuguharu Foujita étaient les deux jolies prises emportées à leur juste valeur sous le regard du pirate Barberousse.

Léonard Tsuguharu Foujita (1886-1968), Bouquet de fleurs dans un vase en étain, huile sur toile, 33,5 24,5 cm.
Adjugé : 291 840 

Témoignage d’un impossible amour, la belle feuille à la pierre noire et rehauts de craie blanche de Pierre-Paul Prud’hon était apparue en couverture de la Gazette n° 23 (voir l'article Le rêve amoureux inaccompli de Prud’hon). Il s’agit – comme rapporté en page 6 du même numéro – d’une étude pour la jeune femme figurée en avant de la barque dans le tableau Le Rêve du bonheur, peint par Constance Mayer (1775-1821). Un songe devenu accessible pour un amateur qui emportait l’œuvre sur papier à 69 120 €, offrant ainsi une fin heureuse à une histoire aux airs de tragédie romantique. Cette artiste, au talent reconnu, se voyait aussi offrir un Bouquet de fleurs dans un vase en étain par Léonard Tsuguharu Foujita. L’œuvre est belle et assez originale dans le riche corpus de celui-ci. Elle témoigne de sa proximité avec la nature – ce qui n’est pas étonnant pour un artiste venant d’Asie –, mais elle rappelle surtout son étude des peintres de fleurs du passé : le grand Ambrosius Bosschaert le Vieux (1573-1621) en premier lieu, ainsi que Pierre Joseph Redouté (1759-1842). Déjà ouvertes en page 60 de la Gazette n° 24 (voir l'article Les fleurs buissonnières de Foujita), les délicates anémones s’épanouissaient à 291 840 €. Tout cela se déroulait sous le regard peu intéressé de Khizir Khayr ad-Dîn, plus connu sous le nom de Barberousse (1466-1546). Le portait du pirate, fixé sur une toile (60,5 50 cm) attribuée à Claude Vignon (1593-1670), s’avançait sans crier gare à 99 840 €. Le personnage est célèbre. Issu d’une famille de potiers grecs, membre d’une fratrie de corsaires, il va semer le chaos dans les ports de la Méditerranée avant de prendre le contrôle de la ville de Tunis en 1534. Soliman le Magnifique, sultan de la Sublime Porte, le nomme à la tête de sa flotte, qui compte alors plus de cent galères, et fait de lui le chef de guerre le plus craint du pays.
 

Pierre-Paul Prud’hon (1758-1823), Étude pour la jeune femme en avant de la barque du tableau «Le Rêve du bonheur», pierre noire, estompes

Pierre-Paul Prud’hon (1758-1823), Étude pour la jeune femme en avant de la barque du tableau «Le Rêve du bonheur», pierre noire, estompes et rehauts de craie blanche sur papier anciennement bleu, 27 22 cm. 
Adjugé : 69 120 

mardi 22 juin 2021 - 14:00 - Live
Salle 6 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Tessier & Sarrou et Associés
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