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Fontainebleau et les armes

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Deux journées pour disperser près de six cents lots de souvenirs militaires et d’armes anciennes, rien de moins. Il fallait bien cela pour faire écho aux célébrations du centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918. Pas de poilu néanmoins dans cet ensemble, le seul témoin de la Grande Guerre étant un casque prussien d’infanterie,...

Fontainebleau et les armes
Pierre Achille Poirot (1797-1852), Vue topographique et historique du château de Fontainebleau, 1843, huile sur toile, 66 x 97,5 cm.
Adjugé : 10 112 €

Deux journées pour disperser près de six cents lots de souvenirs militaires et d’armes anciennes, rien de moins. Il fallait bien cela pour faire écho aux célébrations du centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918. Pas de poilu néanmoins dans cet ensemble, le seul témoin de la Grande Guerre étant un casque prussien d’infanterie, modèle 1915 le fameux «casque à pointe» , porté à 822 €. L’essentiel se passait au XIXe siècle, avec notamment quelques épées d’honneur : notamment celle créée en commémoration de la bataille de Fachoda et celle du général Dodds, réalisée par Auger et datée 1893 (reproduites pages 60 et 66 de la Gazette no 38). Elles tranchaient respectivement 10 491 € et 8 216 €, la seconde faisant l’objet d’une préemption du musée de l’Armée. Ces lames étaient accompagnées du modèle de celle offerte à l’amiral Bruat (1796-1855) par la ville de Colmar reconnaissante, en 1855. Signé de la maison Delacour, fourbisseur d’armes à Paris, doté d’une garde richement travaillée en cuivre argenté et d’une lame losangée en damas et gravée à l’or, sur la partie centrale, de feuilles de chêne et de lauriers, l’exemplaire sortait de son fourreau à 10 112 €. Et, puisque la question de la distinction est au cœur du sujet, l’occasion est belle de se pencher sur une paire de pistolets à silex, un modèle de récompense d’officier supérieur de Marine, également utilisé par les amiraux. Ce type d’armes, datant de l’époque Consulat, était offert par Bonaparte, Premier consul. Il s’agissait pour lui d’exprimer sa reconnaissance aux valeureux officiers de la flotte espagnole. Un honneur accompagné ici d’un résultat de 35 392 €. Le 3 novembre dernier, le château de Fontainebleau inaugurait une exposition consacrée à Louis-Philippe et, dans cette vente, préemptait une Vue topographique et historique du château de Fontainebleau datée 1843 donc de la monarchie de Juillet et signée Pierre Achille Poirot (1797-1852). On peut y voir Pie VII de retour d’une promenade dans le parc, donnant sa bénédiction à des enfants malades. Ce que le tableau ne dit pas, c’est que la scène se situe en fait entre 1812 et 1814 et que le pape est alors en résidence surveillée pour avoir osé s’opposer à Napoléon Ier. Un moment historique pour un lieu qui l’est tout autant.

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