Fondation Vasarely : Sud-Est. Le constructivisme en héritage : Europe de l’Est et Amérique du Sud

Le 06 octobre 2020, par Stéphanie Pioda
Carlos Cruz-Diez (1923-2019), Couleur additive 46, 1973, acrylique sur bois, 150 150 cm, musée national d’Art moderne/Centre Pompidou.
© Photo Atelier Cruz-Diez, Paris © Adagp 2020

L’exposition est réduite, avec seulement vingt-quatre œuvres des collections du Centre Pompidou, mais fondamentale quant à la relecture du néoconstructivisme, et au rappel de la place des artistes originaires d’Europe de l’Est et d’Amérique du Sud dans la définition des mouvements optiques et cinétiques. L’histoire s’écrit essentiellement à Paris, à partir des années 1950, où domine l’art informel, tandis qu’aux États-Unis triomphe l’expressionnisme abstrait. Vasarely est bien sûr une figure tutélaire, autour duquel Michel Gauthier, conservateur du musée national d’Art moderne et commissaire de l’exposition, fait dialoguer Vera Molnar, Jesús Rafael Soto, Carlos Cruz-Diez et Carmelo Arden Quin. Mais dès la première salle, on comprend que l’autre fil rouge du parcours sera la surprise et la découverte, avec la confrontation d’une Mécano-facture de 1924/1961 d’Henryk Berlewi, « l’un des représentants majeurs de l’avant-garde polonaise », et d’Escultura lumínica Madí par Gyula Kosice, de 1946, « le premier néon de l’histoire de l’art », comme le souligne Michel Gauthier. Il a orienté son choix autour d’artistes qu’on connaît peu, ou pas, en France mais aussi d’œuvres jamais montrées, comme Couleur lumière n°3 de Horacio García Rossi, deux magnifiques couleurs additives de 1971 et 1973 de Carlos Cruz-Diez, un relief de Jan Ziemski acquis par un mécène polonais pour cette exposition ou un diptyque d'Henrik Stazewski, acquis en 1980 mais jamais présenté au public. Le focus que propose la fondation Vasarely, en partenariat avec le Centre Pompidou, traduit également l’intérêt récent de ce dernier pour cette tendance artistique et cette période historique – quinze des œuvres présentées sont entrées dans les collections après 2006 – et la volonté commune de faire de la fondation un centre de référence en matière d’art cinétique.

Fondation Vasarely,
1, avenue Marcel-Pagnol, Aix-en-Provence (13), tél. 
: 04 42 20 01 09.
Jusqu’au 31 janvier 2020.
www.fondationvasarely.org
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