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Fondation Azzedine Alaïa : Alaïa avant Alaïa

Publié le , par Estelle Dupuis

Et si Azzedine Alaïa n’appartenait pas vraiment à sa génération ? Voilà une question que l’on pourrait se poser après cette exposition. Né en 1935 à Tunis, le couturier a en effet un an de plus qu’un Yves Saint Laurent. Mais alors que ce dernier ouvre – avec Pierre Bergé – sa propre maison à l’aube des années 1960, il faudra...

Azzedine Alaïa et Leïla Menchari, rue de Bellechasse, Paris, 1967. © Jean-Pierre... Fondation Azzedine Alaïa : Alaïa avant Alaïa
Azzedine Alaïa et Leïla Menchari, rue de Bellechasse, Paris, 1967.
© Jean-Pierre Ronzel

Et si Azzedine Alaïa n’appartenait pas vraiment à sa génération ? Voilà une question que l’on pourrait se poser après cette exposition. Né en 1935 à Tunis, le couturier a en effet un an de plus qu’un Yves Saint Laurent. Mais alors que ce dernier ouvre – avec Pierre Bergé – sa propre maison à l’aube des années 1960, il faudra attendre 1981 pour que le nom d’Azzedine Alaïa devienne une marque, grâce notamment aux encouragements de son ami Thierry Mugler, de treize ans son cadet. Et c’est à un passionnant jeu de rappels entre cette longue période de gestation – depuis son enfance jusqu’aux années 1980 – et les créations de la maison Alaïa que nous convie l’exposition. Sous la direction artistique d’Olivier Saillard, la scénographie se lit comme un bon livre. Au long d’un parcours chronologique, des citations d’Alaïa et de ses proches mais aussi des photos d’archives sont mises en relation avec les vêtements mannequinés. Les pièces couture et de prêt-à-porter issues des archives de la maison datant – à quelques exceptions près – de l’après-1980, deviennent alors les illustrations in situ du lien entre la vie personnelle du couturier et son travail. Avant « Alaïa », l’ancien étudiant en sculpture des Beaux-Arts de Tunis, arrivé à Paris en 1956, a travaillé son métier essentiellement par la commande privée. Il s’épanouit à la lumière d’illustres « influenceuses », parmi lesquelles Louise de Vilmorin ou Arletty, sans oublier son « âme sœur », la décoratrice Leïla Menchari, à laquelle est consacrée une section entière. Cette lecture affective et personnelle souligne la fraîcheur toujours renouvelée de sa vision, celle d’un « constructeur » de vêtements, qui l’amena à développer une marque dont l’empreinte stylistique célèbre la sculpturalité du corps et la force de sa jeunesse.

Fondation Azzedine Alaïa,
18, rue de la Verrerie, Paris 
IV
e, tél.  : +33 (0)1 87 44 87 75,
Jusqu’au 23 octobre 2022.
fondationazzedinealaia.org
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