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Foire Art Paris : un retour printanier gagnant

Publié le , par Henri Guette

Après deux éditions exceptionnelles et des changements de calendrier liés à la pandémie, Art Paris retrouve son créneau de printemps au Grand Palais éphémère. Un bilan encourageant.

Foire Art Paris : un retour printanier gagnant
© Marc Domage

Cela pourrait presque être un retour à la normale pour Art Paris en cette 24e édition, après deux années où la foire a su tirer parti d’un contexte incertain. En prenant le risque des reports de dates sans jamais annuler, Guillaume Piens a attiré de nouvelles galeries et plus encore de visiteurs (68 787). En 2022, et alors qu’Art Basel s’apprête à entrer dans le bal des foires parisiennes en prétendant changer la donne avec une formule nouvelle génération (Paris +), Art Paris soigne sa communication et se met au vert. À une époque où l’écoconception est devenue un enjeu pour le monde des musées (voir l'article Les musées et la durabilité : un enjeu inédit de la Gazette n° 12, page 198), elle est aussi objet de réflexion du côté des foires, qui cherchent à réduire leur bilan carbone. Bien sûr, avec le transport des œuvres et des visiteurs, le modèle même d’une foire internationale paraît être en opposition avec ces objectifs, mais le parti pris d’Art Paris est aussi de s’afficher comme une manifestation avant tout européenne, et même française pour 63 % des galeries représentées. Le public suit la même répartition.

On vend bien à Art Paris
Généraliste, Art Paris a toujours montré tant de l’art moderne que de l’art contemporain ; des valeurs sûres et des «promesses». Parmi les premières, on trouvait des Warhol à la galerie des Modernes, un Dubuffet chez Jeanne Bucher Jaeger, un Hantaï (75 000 €) à la galerie Fournier, mais Loevenbruck proposait sans doute le stand le plus cohérent avec un bel ensemble d’œuvres de Gilles Aillaud (de 90 000 à 280 000 € pour les peintures). Plutôt rare sur le marché, le peintre animalier, qui fera l’an prochain l’objet d’une rétrospective au Centre Pompidou, a été plébiscité, tout comme Eva Jospin sur le stand de la galerie Tarasieve, qui a vendu dès le vernissage l’ensemble d’œuvres en relation avec sa récente exposition au musée de la Chasse et de la Nature. Faut-il y voir un effet institutionnel ? Nombre d'enseignes de premier plan ont, elles, fait le choix des promesses, en montrant de jeunes talents, parfois à peine sortis d’école, comme Jeanne Vicérial chez Templon (25 000 €), My-Lan Hoang-Thuy chez Mitterrand ou Ymane Chabi-Gara et Dhewadi Hadjab (entre 12 000 et 20 000 €) chez Kamel Mennour. Galop d’essai ou tendance de fond, ces ouvertures à la jeune création ne s’expliquent pas seulement par le retour en grâce de la peinture figurative, étant aussi le signe d'un renouvellement de ligne artistique. Il reste qu’on vend bien à Art Paris, et plusieurs galeries exposant par ailleurs à la foire d’art africain 1:54, qui se tenait dans le même temps chez Christie’s, n’ont pas hésité à doubler leur présence, comme la galerie Obadia ou Françoise Livinec, élargissant également l’offre d’Art Paris en termes de nationalités. Les achats, même s’ils restent à un prix moyen (peu d’œuvres à plus de 100 000 €) voire bas avec des multiples à partir de 950 € chez l’éditeur Bernard Chauveau, s’additionnent. La formule s’est révélée séduisante pour des galeristes français qui tiennent à être présents dans le cadre d’une foire sans pouvoir rivaliser en moyens avec les plus grandes enseignes internationales, et pour des collectionneurs maintenant fidèles au rendez-vous.

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