Fine Arts Paris 2020 « online only »

Le 17 décembre 2020, par Pierre Naquin

Après quatre années d’une belle croissance, Fine Arts Paris a fait face comme les autres foires à la crise du Covid, en faisant le choix d’un événement en ligne. Bilan

Charles Amédée Philippe Van Loo, Portrait de femme en vestale. Vendu à Fine Arts Paris online. Courtesy Antoine Tarantino. Fine Arts Paris

Selon les organisateurs, le résultat est honorable : 12 000 connexions sur la dizaine de jours qu’a duré le «salon», des «innovations» intéressantes comme les vidéos, et un certain nombre de ventes pour quelques marchands. Ainsi, Arnaud Charvet a cédé cinq pièces – dont une huile sur toile de Charles-Désiré-Claude Maillot – et Paul Prouté, pour sa part, deux toiles de Jean-Baptiste Sécheret. Tous deux ont réussi à vendre plus de la moitié des pièces proposées sur la plateforme – chaque exposant pouvant en présenter jusqu’à dix. Le «vernissage», le 24 novembre, a attiré 2 500 personnes et a donné lieu à certaines ventes quasi immédiates, comme celle de La Mort de sainte Geneviève de Jean-Paul Laurens pour 18 000 € (galerie Aaron). Le président du salon, Louis de Bayser, réussissait à placer trois œuvres – dont un autoportrait d’Hippolyte Petitjean à un musée américain –, chacune pour 20 000 €. Patrick Lancz, basé dans le quartier des Sablons, à Bruxelles, cédait un fusain de Xavier Mellery pour 14 000 €. Plus globalement, la plupart des galeries saluent la qualité de la plateforme et sa facilité d’utilisation, même s’ils s’accordent à dire que certains aspects, comme la recherche, pourraient être améliorés. Jill Newhouse, qui considère Fine Arts Paris comme «une des foires sur lesquelles il rencontre le plus de succès», avait fait le choix de ne présenter que des pièces onéreuses (à six ou sept chiffres). S’il n’a rien vendu à l’issue des dix jours, il se montre «satisfait des échanges avec de potentiels nouveaux clients». Éric Coatalem, pour qui les foires représentent 40 % du chiffre d’affaires sur une année «normale», est plus réservé. «La version en ligne de Fine Arts Paris ne m’a pas du tout permis de compenser les effets du confinement. C’est simple, je n’ai rien vendu.» Il n’a reçu que cinq demandes d’informations «dont trois de conservateurs à la retraite !» et aucun retour de ses clients habituels. Selon lui, «il ne pourra y avoir émulation que si le vernissage a réellement lieu au même moment». Laura Bosc de Ganay, d’Artheas, à Londres, avouait pour sa part n’avoir reçu que six demandes d’informations, bien loin de ses espérances. Antoine Lorenceau (Brame & Lorenceau) voit le verre à moitié plein : «Nos clients habituels ont réagi de manière dynamique, et ce dès l’ouverture de la plateforme. Nous avons reçu de nombreuses demandes d’informations de leur part. Cela nous a aussi permis de “rencontrer” plusieurs nouveaux amateurs tant français qu’étrangers.» Deux négociations sont en cours. Xavier Eeckhout salue le travail réalisé par les équipes organisatrices : «Mes collectionneurs habituels ont tous visité le site, leurs retours étaient positifs. Malheureusement, Fine Arts Paris Online ne permet pas de compenser l’absence des foires ; aucun salon en ligne n’a réussi ce pari. De plus, dans mon domaine, la sculpture, les collectionneurs ne peuvent acheter sans voir ni toucher.» Il a reçu deux demandes d’informations et a réussi à vendre une aquarelle de Mateo Hernandez représentant un tigre pour 7 000 € auprès d’un client régulier. «Les collectionneurs sont submergés de mails les invitant à consulter telle ou telle exposition, foire, ou vente en ligne.» Et comme le souligne le Belge Patrick Mestdagh, «les attentes ne peuvent pas être les mêmes quand il s’agit d’un salon virtuel. C’est avant tout une opportunité de montrer de nouvelles pièces, souvent à un nouveau public, et de rencontrer de nouveaux collectionneurs». Il se dit «satisfait» des requêtes reçues et reconnaît que, online, les choses prennent plus de temps, surtout pour des pièces plus importantes. Alors, laissons du temps au temps !
 

à voir
www.finerarts-paris.com

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