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Figures féminines, de Fontainebleau à Versailles

Publié le , par Philippe Dufour

En invitée d’honneur de cette vacation aixoise trônait la figure féminine, interprétée à différentes époques. La plus ancienne avait été imaginée par un peintre non identifié de l’école de Fontainebleau, au XVIe siècle. Reprenant tous les canons en cours dans cet atelier protéiforme  corps sculpturaux et étirés, composition...

Figures féminines, de Fontainebleau à Versailles
Attribué à Charles Le Brun (1619-1690), Femme assise et accoudée ; main gauche (étude), pierre noire et rehauts de blanc, 22,7 x 22,7 cm.
Adjugé : 49 000 €

En invitée d’honneur de cette vacation aixoise trônait la figure féminine, interprétée à différentes époques. La plus ancienne avait été imaginée par un peintre non identifié de l’école de Fontainebleau, au XVIe siècle. Reprenant tous les canons en cours dans cet atelier protéiforme  corps sculpturaux et étirés, composition étagée et complexe, coloris pâle ,elle apparaissait ici sous les traits de Diane découvrant la grossesse de Callisto, prétexte à variations autour du nu maniériste (voir Gazette n° 43, page 203). Pour cet épisode tiré des Métamorphoses d’Ovide, on se disputait jusqu’à hauteur de 21 070 €. Mais c’est le favori du Roi-Soleil qui tirait son épingle du jeu : on avait attribué à Charles Le Brun la paternité d’un dessin à la pierre noire et rehauts de blanc, représentant une Femme assise et accoudée ; main gauche (étude), adjugé 49 000 €. Alangui, le modèle évoquait une majesté plus spécifique au XVIIe siècle, et a pu être transformé par la suite en figure allégorique. Dans ce même style, d’autres femmes encore, celles-ci prises dans le tourbillon d’un Enlèvement des Sabines, peint sur toile par un artiste de l’école italienne du XVIIe siècle. En quête d’épouses, qui font défaut dans leur cité, les jeunes Romains s’emparent des filles de leurs voisins sabins à l’occasion d’une fête. Soulevées par leurs ravisseurs, ces jeunes vierges aux formes robustes suscitaient une enchère de 18 375 €. Bien plus tard, en 1920, le peintre belge Émile Deckers s’installe en Algérie et devient le chroniqueur de cette terre méditerranéenne. En témoignait un pastel présentant le Portrait de jeunes filles, deux adolescentes coiffées de foulards colorés. Doté d’un superbe cadre orientaliste sculpté de motifs d’arabesques, il partait à 2 450 €. Un second thème dominait la session : le paysage. De ce chapitre, on retiendra surtout une Scène de port sur les quais d’Anvers devant le Schelde où, sur la rive opposée, on aperçoit le haut clocher de la cathédrale Notre-Dame. Datant du dernier tiers du XVIIe siècle, et issu d’une école flamande, la toile était décrochée pour 8 330 €. 

vendredi 14 décembre 2018 - 14:00 (CET) - Live
210, rue Louis-Armand, Z.I. Les Milles - 13290 Aix-en-Provence
Sophie Himbaut
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