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Fidèle parmi les fidèles

Le 21 février 2019, par Caroline Legrand

Cette peinture dominera un ensemble d’œuvres provenant de la succession de Mme Jourdan, petite-fille d’Émile Jourdan. Se distingueront également plusieurs dessins préparatoires, dont certains  inédits et très instructifs  du début de sa carrière. Proche d’une toile présentée, sous le numéro 53, lors de l’exposition consacrée…

Fidèle parmi les fidèles
Émile Jourdan (1860-1931), Les Moulins sur l’Aven, huile sur toile, 54 65 cm.
Estimation : 8 000/10 000 

Cette peinture dominera un ensemble d’œuvres provenant de la succession de Mme Jourdan, petite-fille d’Émile Jourdan. Se distingueront également plusieurs dessins préparatoires, dont certains  inédits et très instructifs  du début de sa carrière. Proche d’une toile présentée, sous le numéro 53, lors de l’exposition consacrée à l’artiste au musée de Pont-Aven en 1987, Les Moulins sur l’Aven illustre parfaitement la manière de Jourdan, coloriste et éminemment décorative, dans une traduction des effets lumineux d’un coucher de soleil. Une œuvre qui témoigne également de son attachement à une ville, Pont-Aven, et à ses coutumes. Pas moins d’une quinzaine de moulins étaient encore en activité à la fin du XIXe siècle utilisant l’eau de l’Aven, descendant des Montagnes noires. C’est en 1888 que le peintre arrive dans la petite cité du Finistère sud, qui voit son destin basculer dans la seconde moitié du XIXe siècle avec l’arrivée des premiers touristes favorisée par le développement du chemin de fer , qu’attirent le folklore régional et l’authenticité des lieux. Si l’Américain Henry Bacon fut le premier des artistes à être séduit par l’endroit, Paul Gauguin fut le plus célèbre d’entre eux. Pour Jourdan  Vannetais de naissance , qui porte souvent le gilet traditionnel breton, la destination est moins exotique. C’est un retour aux origines, après ses études aux beaux-arts de Paris et à l’académie Julian vers 1880. Installé à la pension Gloanec, Jourdan se lie d’amitié avec Moret, Maufra, Filiger, Seguin et Sérusier. Il fait la connaissance en 1891, à l’hôtel de Bretagne, de Catherine Guyader  qui deviendra sa compagne  et de Gauguin, de retour de la Martinique. La confrontation artistique qui s’ensuit est décisive. Jourdan abandonne le style académique, s’essaie à l’impressionnisme, pour rapidement s’intéresser au synthétisme. Quoique fidèle aux principes de ce style, il opte pour une solution très personnelle, utilisant les cernes noirs comme ses confrères, mais les emplissant de touches juxtaposées et non de couleurs plates. Après des années de bohème, Émile Jourdan achèvera sa vie dans la misère et mourra à l’hospice de Quimperlé.

tableaux, mobilier et objets d'art, argenterie, bijoux, design
samedi 02 mars 2019 - 14:00 (CET)
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Laval Enchères
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