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Félix Youssoupoff, un prince de L’élégance russe

Publié le , par Anne Foster
Vente le 04 novembre 2016 - 13:30 (CET) - Salle 4 - Hôtel Drouot - 75009

Paris met à l’honneur, en cette fin d’année, les dandys et la Russie, incarnés, à Drouot, par cette tenue de boyard portée par Félix Youssoupoff.

Travail de commande à Saint-Pétersbourg, 1912. Costume composé d’un habit en brocart... Félix Youssoupoff, un prince de L’élégance russe
Travail de commande à Saint-Pétersbourg, 1912. Costume composé d’un habit en brocart d’or datant du XVIIIe siècle et d’une veste en taffetas de soie orange brodé de fils argentés ; avec sa paire de bottes en maroquin vert à décor d’applications de cuirs multicolores rebrodés, le talon gainé de maroquin rouge.
Estimation : 30 000/40 000 €

Issu d’une des plus anciennes familles aristocratiques de l’Empire russe, remontant par sa mère, Zénaïde Youssoupova, au khan de la horde Nogaï Youssouf-Mourza, mort en 1556, et, par son père, Felix Felixovitch, comte Soumarokov-Elston, Félix Youssoupoff (1887-1967) est un des plus beaux partis de la Russie impériale et… immensément riche. Et cerise sur le gâteau, réputé le plus bel homme de son époque. Le temps était à une Renaissance russe : un engouement pour les traditions remontant aux origines de l’Empire, notamment pour les costumes somptueux  brodés et ornés de pierres précieuses des gentilshommes de la cour des héritiers d’Ivan le Terrible. Un goût du faste oriental ! Félix avait peut-être en mémoire les habits «traditionnels» portés par ses parents au bal donné par le tsar Nicolas II au palais d’Hiver, le 3 février 1903, lorsqu’il commanda ce costume pour celui donné à l’Albert Hall, à Londres, en 1912, en commémoration du tournoi organisé par Archibald William Montgomerie (13th Earl of Eglinton, 1st Earl of Winton). Reconstitution d’une joute médiévale à laquelle fut invité le futur Napoléon III. Le jeune Félix avait été envoyé poursuivre ses études, à l’University College d’Oxford, qu’il suivit en dilettante. Mais pour un bal où il pouvait briller, rien n’était trop beau comme en témoigne cet habit de boyard qu’il commanda à Saint-Pétersbourg pour la fête du 11 juillet 1912. Il fut certainement une des stars de la soirée, ses yeux bleus étincelants formant un contraste des plus heureux avec ses traits tatars, hérités de l’ascendance maternelle. Il campait une belle figure, et fut remarqué par Oscar Wilde, dandy extraordinaire de l’époque, coqueluche du Tout-Londres, qui est honoré d’une exposition au Petit Palais, à Paris, jusqu’au mois de janvier. Cette soirée ne tient qu’une mince ligne dans sa biographie. En 1914, Félix épouse la princesse Irina, nièce de Nicolas II. Désormais, membre de la famille impériale, il tolère de moins en moins l’influence de Raspoutine sur la tsarine. Avec le grand-duc Dimitri Pavlovitch, le député Vladimir Pourichkevitch, le lieutenant Sergueï Soukhotine et le docteur Stanislas Lazovert, Félix organise l’assassinat de Raspoutine dans la nuit du 29 au 30 décembre 1916. Condamné, le couple Youssoupoff prend le chemin de l’exil, s’installant finalement à Paris. Le président russe Vladimir Poutine aura peut-être une pensée pour ce prince qui changea le destin de l’Empire russe, en inaugurant, à la fin du mois d’octobre, à Paris, le centre orthodoxe russe, et la collection Chtchoukine à la fondation Louis Vuitton…

vendredi 04 novembre 2016 - 13:30 (CET) - Live
Salle 4 - Hôtel Drouot - 75009
Coutau-Bégarie
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