Face à la crise, le pari des pop-up 

Le 01 avril 2021, par Vanessa Schmitz-Grucker

Rencontrer son public malgré les fermetures, les confinements à répétition et la relative désertification des grandes villes… voilà toute la difficulté de l’exercice des galeristes en ces temps de crise.

coutesy almine rech gallery - photo brent moss

Dès l’été 2020, certains d’entre eux avaient déjà trouvé refuge dans les galeries pop-up : le New York artistique confiné avait ainsi investi la région des Hamptons. Skarstedt, Pace et Van de Weghe Fine Art, entre autres, y avaient ouvert des espaces éphémères. Le phénomène, amené à s’amplifier en 2021, n’a bien sûr pas vu le jour avec la pandémie. Le pionnier Matthias Arendt avait fermé son pavillon berlinois dès 2012 pour évoluer vers le format pop-up. Et l’intérêt n’était pas que financier puisque, outre la réduction des coûts, le modèle permettait aussi une vraie flexibilité et un certain sens de l’événement autour du lieu. Désormais, en Amérique, ils sont nombreux à rejoindre le mouvement, à l’image de la Française Almine Rech qui s’invite à partir du 4 juin dans les pop-up d’Aspen. Les boutiques-happenings se sont multipliées dans cette célèbre station de ski du Colorado depuis un an. La galeriste y programme ainsi trois expositions individuelles et deux autres collectives jusqu’en septembre. Mais qu’il s’agisse d’Aspen, des Hamptons ou même de Palm Beach, l’idée sous-jacente est toujours la même : en l’absence de foires et de salons, il faut aller à la rencontre du collectionneur, jusque dans ses lieux de villégiature. Et c’est bien là tout le changement de paradigme : quand, avant la crise, celui-ci allait vers l’art, c’est désormais l’art qui se doit d’aller vers le collectionneur où qu’il soit. En conséquence, Almine Rech se dit prête à adopter le modèle pop-up sur le long terme, tant il est probable que la crise modifie durablement les habitudes.

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