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Eusebio Da San Giorgio, la maîtrise de l’art, du maître à l’élève

Publié le , par Caroline Legrand
Vente le 19 septembre 2020 - 14:30 (CEST) - 12-14, rue Peyronnet - 33800 Bordeaux

Eusebio Da San Giorgio s’est inspiré des célèbres figures de madones du Pérugin (1450-1523) pour créer cette délicate Vierge à l’Enfant. Un hommage à son mentor, né comme lui à Pérouse.

Eusebio Da San Giorgio (vers 1465-apr. 1539), Vierge à l’Enfant, panneau, 46 x 34,5 cm.... Eusebio Da San Giorgio, la maîtrise de l’art, du maître à l’élève
Eusebio Da San Giorgio (vers 1465-apr. 1539), Vierge à l’Enfant, panneau, 46 34,5 cm.
Estimation : 10 000/15 000 

La position – assise au bord d’un muret, de trois quarts – et les attitudes – têtes inclinées vers la gauche comme en direction d’un personnage – ne laissent pas de doute : Eusebio Da San Giorgio réinterprète dans cette peinture les Madones à l’Enfant de son maître ombrien, créées vers 1500, notamment La Vierge des flagellants (disciplinati) et la Pala Tezi, conservées au sein de la Galerie nationale de Pérouse. On retrouve également le fond paysager typique du Pérugin, dans lequel le peintre a placé une scène de la stigmatisation de saint François, en présence de son frère Élie, au pied du rocher de la Verna d’où surgit un arbre grêle. Un élément iconographique qui permettrait de penser que le commanditaire de ce panneau de dévotion privée ait été un dénommé François. Si le manteau bleu de la Vierge – replié sur ses genoux et le pan relevé sur l’épaule droite, laissant visible la doublure verte – est également un poncif du Pérugin, Eusebio Da San Giorgio a su poser son empreinte sur cette belle composition avec l’écharpe enserrant les épaules de la Vierge, mais aussi des formes plus élancées et un dessin plus linéaire des contours, notamment du visage ovale de Marie. D’une grande humanité, cette dernière affiche par ailleurs une expression de tristesse, prémonitoire du destin tragique de son enfant. Cette œuvre d’une grande qualité présente de plus une belle provenance, comme l’indique une inscription à l’encre noire sur papier brun au revers de la moulure supérieure du cadre : « Vente de la comtesse de Verrue 1737/peinture rare//Antoine Crozat ». Jeanne-Baptiste d’Albert de Luyne, comtesse de Verrue, est décédée en 1736. Personnalité importante de la cour de Louis XIV puis de Louis XV, à la fois excentrique et très influente politiquement, elle possédait également une riche collection de tableaux et objets d’art. Lors de sa vente de succession, c’est visiblement le célèbre financier Antoine Crozat qui acquit celui-ci.

samedi 19 septembre 2020 - 14:30 (CEST) - Live
12-14, rue Peyronnet - 33800 Bordeaux
Briscadieu
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