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Étienne Morillon, avant-garde lyonnaise

Publié le , par Caroline Legrand

Très peu représenté sur le marché, Étienne Morillon se révèle avec ce portrait pointilliste de 1908 comme un peintre novateur de grande valeur.

Étienne Morillon (1884-1949), Les Deux Petites Sœurs (Les Sœurs Coursanges), 1908,... Étienne Morillon, avant-garde lyonnaise
Étienne Morillon (1884-1949), Les Deux Petites Sœurs (Les Sœurs Coursanges), 1908, huile sur toile, signée et datée, 197 157 cm.
Estimation : 15 000/20 000 

Ce lumineux portrait pointilliste nous rappelle qu’avant la fondation en 1920 du groupe des ziniars, aux côtés des autres promoteurs lyonnais de la modernité tels Louis Bouquet ou Combet-Descombes, Étienne Morillon était déjà un grand peintre. Des couleurs claires déposées en petites touches animent cette composition verticale parfaitement structurée, et à l’effet de perspective renforcé par la présence de la poupée à terre, qui symbolise aussi l’insouciance de ces deux sœurs prenant la pose malgré leur impatience évidente à reprendre leurs jeux. Datée de 1908 – de sa pleine période divisionniste, donc, dont le musée Paul-Dini de Villefranche-sur-Saône possède un autre exemple, La Passante –, cette grande peinture représenterait les sœurs Coursanges. Cette année-là, Morillon a 24 ans. Fils de commerçant en tissus de Soucieu-en-Jarrest, près de Lyon, il est passé par les beaux-arts de cette ville, de 1901 à 1904, puis ceux de Paris durant les cinq années suivantes. Il a découvert les mouvements d’avant-garde que sont le pointillisme, le fauvisme et le cubisme, et a fréquenté des artistes de renom, tels Derain et Utrillo. Pendant les vacances d’été, il revient au pays natal et, en compagnie de ses frères Charles et Antoine, tous deux photographes, parcourt à bicyclette les villages de la région. Il peint également au fil de ses découvertes et rencontres la chapelle de Saint-Vincent d’Agny en 1907, ou nos deux filettes durant l’été suivant. Cette même année 1908, il débute sa participation au Salon d’automne de Lyon, où il exposera régulièrement, de même qu’aux Indépendants à Paris de 1914 à 1924. Il s’installe en 1910 définitivement dans la cité rhodanienne, occupant l’ancien atelier de Paul Borel, dans le quartier d’Ainay, qui sera plus tard celui de Jacques Truphémus. Étienne Morillon compte sans conteste parmi les artistes lyonnais d’influence, devenant dans les années 1930 et 1940 une référence pour les jeunes générations avec ses natures mortes, paysages et portraits au réalisme construit, inspiré du cubisme.

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