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Étienne Hajdu à la galerie Laurentin

Publié le , par Harry Kampianne

Un ensemble de sculptures en marbre et aluminium ainsi que quelques dessins d’Étienne Hajdu (1909-1996) produits entre 1950 et 1980 – provenant de collections privées et de musées – sont présentés galerie Laurentin. Quatre décennies glorieuses où l’artiste d’origine hongroise fut l’une des figures incontournables de la...

Étienne Hajdu, Sans titre (La Femme et l’Enfant), 1959, marbre rose. © Galerie Laurentin... Étienne Hajdu à la galerie Laurentin
Étienne Hajdu, Sans titre (La Femme et l’Enfant), 1959, marbre rose.
© Galerie Laurentin

Un ensemble de sculptures en marbre et aluminium ainsi que quelques dessins d’Étienne Hajdu (1909-1996) produits entre 1950 et 1980 – provenant de collections privées et de musées – sont présentés galerie Laurentin. Quatre décennies glorieuses où l’artiste d’origine hongroise fut l’une des figures incontournables de la sculpture, à laquelle le musée d’Art moderne de la Ville de Paris (1973) et le Centre Pompidou (1979) consacrèrent deux grandes expositions de son vivant. Ses œuvres, dont les formes s’inspirent de la nature, sont loin de l’abstraction géométrique de l'après-guerre. Faites de courbes, d’envolées et de volutes, elles se rapprocheraient plutôt de l’abstraction lyrique, bien que leur auteur s’en défende. Pour lui en effet, «l’art le plus abstrait vient de la vie». Un thème seul domine sa production, celui de la femme, dont les volumes et les traits du visage ont disparu. N’en demeure que l’essence dans des formes, qui ont parfois un prénom : Juliette, Éléonore ou Mademoiselle La Plume. Hajdu ne concevait pas la sculpture sans la pratique de la taille directe ; d’abord sur des matériaux traditionnels, tels que le marbre ou le bois, et à partir de 1962 sur le Duralumin, qu’il travaillait dans la masse, en retirant la matière copeau par copeau pour ensuite la polir. Même pour les fontes d’aluminium, il réalisait une matrice taillée dans le bois. Bien que ses dessins soient considérés comme des études préparatoires, certains d’entre eux, notamment ces lavis à l’encre de Chine — lui permettant de développer des contrastes et transparences moins aisés à obtenir en sculpture —, sont des œuvres à part entière. Pourquoi un artiste si adulé en son temps est-il tombé aussi vite dans l’oubli ? Selon Antoine Laurentin, « il y a très peu d’œuvres d’Hajdu sur le marché. La plupart d’entre elles ont été achetées il y a quarante ou cinquante ans et ne sont pas repassées en salles de vente ». Raison de plus pour remettre son œuvre sous les projecteurs.

«Hajdu», galerie Laurentin, 23, quai Voltaire, Paris VIIe, tél. : 01 42 97 43 42,
Jusqu’au 17 décembre 2022.
www.galerie-laurentin.com
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