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Écus et blasons, le château d’Écouen de retour au temps de l’héraldique

Publié le , par Sophie Humann

À l’extérieur du château bâti pour Anne de Montmorency, tous les blasons sont vides, supprimés à la Révolution, comme le furent les vitraux largement armoriés qui ornaient encore Écouen à la fin du XVIIIe siècle. Sur la façade ouest, le visiteur peut admirer un seul écu aux armes du connétable, restitué après la tourmente,...

Armure du dauphin Henri, futur Henri II, Milan, réalisée entre 1536 et 1547, argent,... Écus et blasons, le château d’Écouen de retour au temps de l’héraldique
Armure du dauphin Henri, futur Henri II, Milan, réalisée entre 1536 et 1547, argent, damasquinure, fer (détail).
© Paris - Musée de l’Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Émilie Cambier

À l’extérieur du château bâti pour Anne de Montmorency, tous les blasons sont vides, supprimés à la Révolution, comme le furent les vitraux largement armoriés qui ornaient encore Écouen à la fin du XVIIIe siècle. Sur la façade ouest, le visiteur peut admirer un seul écu aux armes du connétable, restitué après la tourmente, avec ses seize petits aigles, appelés alérions en langage héraldique. Mais à l’intérieur du musée, l’art héraldique né sur les boucliers des chevaliers médiévaux, et dont les signes se sont multipliés à la Renaissance, est présent dans le décor, le mobilier et les tentures. Aussi, l’exposition consacrée à ce langage par le directeur Thierry Crépin-Leblond, le médiéviste Laurent Hablot et l’historienne de l’art Anne Ritz-Guilbert, débute-t-elle par un jeu de piste à travers les collections permanentes, au gré de cartouches didactiques. L’occasion de redécouvrir quelques chefs-d’œuvre, comme la copie de La Cène de Léonard de Vinci par Marco d’Oggiono, exposée dans la chapelle et identifiée grâce au blason retrouvé lors de sa restauration en 2005, ou, dans la salle du Roi, le pavement héraldique créé pour le château en 1542 à Rouen par Masséot Abaquesne (voir Gazette n° 20 du 19 mai 2017). La grande variété d’objets d’art rassemblés par thèmes dans les salles d’exposition rappelle l’usage avant tout social de l’héraldique à la Renaissance, que l’on retrouve chez les familles nobles et royales, les corporations, les villes, l’Église, dans l’art funéraire ou plus discrètement glissé dans un décor. En témoignent, entre autres, l’extraordinaire armure entièrement revêtue des emblèmes du futur Henri II, prêtée par le musée de l’Armée, sa boîte à déchiffrer les messages codés, un somptueux coffre de mariage en chêne sculpté provenant du musée des beaux-arts de Lyon ou, tout simplement, une délicate navette en argent ciselé et en nacre aux armes de Miles d’Illiers, sortie exceptionnellement du trésor de la cathédrale de Chartres.

« Le blason des temps nouveaux. Signes, emblèmes et couleurs dans la France de la Renaissance »,
musée national de la Renaissance, château d’Écouen (95) tél. 
: 01 34 38 38 50.
Jusqu’au 6 février 2023.
www.musee-renaissance.fr
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