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Dufy célèbre les régates d’outre-Manche

Publié le , par Philippe Dufour
Vente le 30 décembre 2021 - 14:30 (CET) - Grand Hyatt Cannes Hôtel Martinez, 73, La Croisette - 06400 Cannes

Dans les années 1930, le peintre de la joie de vivre découvre l’univers très sélect des compétitions nautiques, en France comme en Grande-Bretagne, et en fait l’un de ses thèmes favoris.

Raoul Dufy (1877-1953), Régates à Cowes, 1929, huile sur toile, 45,5 x 54,5 cm (détail).Estimation... Dufy célèbre les régates d’outre-Manche
Raoul Dufy (1877-1953), Régates à Cowes, 1929, huile sur toile, 45,5 54,5 cm (détail).
Estimation : 70 000/90 000 €

L’île de Wight, située sur la côte sud de l’Angleterre, face au Hampshire, a toujours attiré les membres de la haute aristocratie britannique, imitant en cela la famille royale. La reine Victoria y fait édifier à partir de 1847 sa résidence préférée, Osbourne House, vaste palais à l’italienne où elle s’éteindra en janvier 1901. Conséquence de cette fréquentation très huppée : les activités nautiques s’y sont précocement développées sous l’impulsion de la gentry. Ainsi, dès 1815, est créé un club rassemblant leurs adeptes, association qui prend, deux ans plus tard le nom de Royal Yachting Club, lorsque le prince régent, futur George  IV, en devient un membre assidu. Pour y établir son siège, l’honorable institution – à l’origine de la création de la Coupe de l’America en 1851 —, jette son dévolu sur le château dominant Cowes, le grand port de l’île. La ville va devenir rapidement the place to be, surtout en raison de ses grandes régates – la plus importante se déroulant en août sur le Solent, un bras de mer qui sépare Wight de la Grande-Bretagne. Cumulant esprit sportif et ambiance mondaine, les lieux possédaient tous les atouts pour attirer l’un des grands amateurs de cette alchimie particulière : le peintre Raoul Dufy. C’est d’abord sur les champs de courses français, découverts autour de 1910 grâce à Paul Poiret, que s’exerce sa curiosité élective ; mais au cours des années 1920, elle s’attache également aux scènes nautiques, une thématique déclinée jusqu’à la fin de sa vie par l’artiste.
Cowes et Henley, hauts lieux de compétition
On le sait, Dufy, Havrais de naissance, s’est toujours montré sensible à des panoramas qui lui permettent de célébrer son lien indéfectible avec la mer. L’une de ses plus belles compositions en ce domaine demeure sans doute la Fête nautique au Havre, brossée en 1925 (musée d’Art moderne de Paris), animée de dizaines de bateaux sur les flots, et de spectateurs sur les quais. À partir de 1928, le peintre plante aussi son chevalet à Deauville, et débute ses séries des «Courses» et des «Régates», saisies dans la station normande. À l’été 1930, il séjourne longuement en Angleterre pour réaliser le portrait de la famille Kessler ; c’est aussi l’occasion de revenir à Cowes, découvert l’année précédente et où il se rendra à de nombreuses reprises jusqu’en 1934. À cette date, le peintre français tombe sous le charme de Henley : la cité, située sur la Tamise, organise chaque année la Régate royale, une compétition d’aviron qui se déroule sur le fleuve début juillet, et sujet d’une grande toile exposée aujourd’hui au musée des beaux-arts de Nice (Régates à Henley, 1934). Ces œuvres ont souvent pour particularité de présenter une composition verticale, à l’image de notre tableau, quant à lui divisé en trois travées colorées où claquent au vent une multitude de pavois… Soulignons encore à son sujet qu’il sera inclus dans le second supplément du Catalogue raisonné de l’œuvre peint de Raoul Dufy, actuellement en préparation sous la houlette de Fanny Guillon-Laffaille.

jeudi 30 décembre 2021 - 14:30 (CET) - Live
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