Gazette Drouot logo print

Dubuffet et Kopac, l’obsession de la matière

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 15 décembre 2021 - 14:00 (CET) - Salle 13 - Hôtel Drouot - 75009

Une huile du maître de l’art brut racontait l’amitié qui le liait au peintre croate, dont l’œuvre s’apprête à être redécouverte.

Jean Dubuffet (1901-1985), Petit paysage avec personnages, 1949, huile sur Isorel,... Dubuffet et Kopac, l’obsession de la matière
Jean Dubuffet (1901-1985), Petit paysage avec personnages, 1949, huile sur Isorel, signée, datée et dédicacée à Slavko Kopac, 50 61 cm.
Adjugé : 747 040 

L’Avant-Première consacrée par la Gazette n° 43 (voir l'article Un Dubuffet sous le signe d’une amitié artistique avec Slavko Kopac page 26) à cette peinture, intitulée Petit paysage avec personnages, apportait un bel éclairage sur l’amitié liant Jean Dubuffet à Slavko Kopac (1913-1995). Si le parcours artistique du premier est parfaitement connu et étudié, celui du second attend encore d’être raconté. Ce sera chose faite d’ici quelque temps avec des rétrospectives dans la capitale de la Croatie (2023) et au Centre Pompidou à Paris (2024) et, dès ce mois de janvier, avec la publication chez Gallimard d’une monographie complète signée de Fabrice Flahutez, Pauline Goutain et Roberta Trapani, Slavko Kopac. Ombres et matières. Celle-ci va permettre au nom du peintre croate, formé à l’Académie des beaux-arts de Zagreb, venu ensuite en Italie puis s’étant fixé à Paris en 1948, de se révéler dans sa pleine mesure et de ne plus être vu qu'en tant que conservateur et archiviste de la Collection de l’art brut, fondée par Jean Dubuffet. On y apprendra qu’il côtoyait également les surréalistes, jouant un rôle de passeur entre les deux mouvements et livrant une œuvre personnelle et poétique, mêlant techniques et matériaux inattendus. Cette huile sur Isorel de 1949 offre un témoignage de cette longue histoire associant l’amitié artistique et les recherches esthétiques, et était déposée à 747 040 €. À ses côtés, d’autres peintures racontaient l’aventure de la nouvelle école de Paris, à l’image de celles de Pierre Tal Coat (1905-1985). Un Autoportrait (89 116 cm) de 1935, qui avait été exposé à la galerie de France – un espace parisien l’ayant fidèlement défendu –, était décroché à 32 200 €, et son Portrait de Gertrude Stein (21,5 15,7 cm) de 1935, à 6 698 €. Le second avait été accroché sur les cimaises du musée d’Art moderne de la Ville de Paris en 1980, lors de l’exposition «Forces nouvelles 1935-1939». On retrouvait aussi la signature d’Alice Halicka (1895-1975) sur une toile, La Mère et la fille (73 50 cm). Il s’agit d’un autoportrait allégorique auquel la date de réalisation, 1942, apporte un petit supplément d’âme : fuyant les Allemands, l’artiste juive d’origine polonaise, veuve du graveur Louis Marcoussis depuis l’année précédente, changea régulièrement de domicile tout au long de la Seconde Guerre mondiale. La peinture recevait 10 948 €.

mercredi 15 décembre 2021 - 14:00 (CET) - Live
Salle 13 - Hôtel Drouot - 75009
Boisgirard - Antonini
Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 2 articles.
Il vous reste 1 article(s) à lire.
Je m'abonne