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Djamel Tatah mis à l'honneur à Montpellier

Publié le , par Virginie Chuimer-Layen

Présentées en cinq sections, une quarantaine d’œuvres de grand format, sur toile ou sur bois, retracent plus de trente-cinq années de création de Djamel Tatah (né en 1959). Dès l’entrée, douze des 21 tableaux représentant le même personnage solitaire – le « hittiste », littéralement « celui qui tient le mur » –, saisissent...

Djamel Tatah, Sans titre (Autoportrait à la Mansoura), 1986, huile sur toile, 73 x 92 cm,... Djamel Tatah mis à l'honneur à Montpellier
Djamel Tatah, Sans titre (Autoportrait à la Mansoura), 1986, huile sur toile, 73 92 cm, collection de l’artiste.
© Franck Couvreur / © Adagp, Paris, 2023

Présentées en cinq sections, une quarantaine d’œuvres de grand format, sur toile ou sur bois, retracent plus de trente-cinq années de création de Djamel Tatah (né en 1959). Dès l’entrée, douze des 21 tableaux représentant le même personnage solitaire – le « hittiste », littéralement « celui qui tient le mur » –, saisissent par leur puissance. Des peintures de « silence » à la « présence » indéniable, celle de la peinture elle-même. En préambule, un film documentaire révèle le procédé créatif de l’artiste français installé à Montpellier, qui use de photographies personnelles ou d’actualités, projetées sur toile, et dont il anonymise les figures jusqu’à les rendre abstraites et universelles. Ces toiles – dont la dernière section dévoile les plus récentes, réalisées pour l’occasion – présentent pour la plupart des personnages esseulés ou des foules silencieuses, de face ou de profil. Ces foules « solitaires » à la scénographie parfois ornementale, ces corps désincarnés au point de ressembler à des flaques, ou en lévitation sur un fond immaculé et exposés en hauteur, ces visages à la blancheur spectrale, traitent de la condition humaine, mais aussi de la peinture elle-même. Tout en invoquant ses figures tutélaires – Manet, Delacroix, Antonio da Messina ou encore Rothko –, Djamel Tatah propose une peinture d’« entre-deux » forte, dépassant le cadre de la « représentation » figurée sur grands aplats colorés. Entre figuration et abstraction, son œuvre interroge aussi le politique, comme le montrent notamment ses peintures réalisées à partir de photos d’enfants de l’Intifada. En proposant une lecture thématique éclairant les sources historiques, la théâtralité, la répétition et le mouvement des corps dans son corpus, le directeur du musée Michel Hilaire et la commissaire et conservatrice Maud Marron-Wojewodzki orchestrent une présentation dont la mise en scène étudiée et aérée renforce l’efficacité.

« Djamel Tatah. Le théâtre du silence », musée Fabre,
39, boulevard Bonne-Nouvelle, Montpellier (34), tél. 
: 04 67 14 83 00,
Jusqu’au 16 avril 2023.
museefabre.montpellier3m.fr/
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