Dites-le avec des fleurs

Le 28 septembre 2018, par Claire Papon
Le sens des proportions, une conjugaison harmonieuse entre la forme, le décor et les bronzes, on n’en finit plus d’énumérer les mérites des meubles de BVRB, dont un bureau prend le chemin des enchères.
Bureau de pente de forme mouvementée en placage de bois de rose marqueté de branchages en bois de bout toutes faces. Ornementation de bronzes dorés. Intérieur à un casier, trois petits tiroirs et deux secrets. Estampillé B.V.R.B. Époque Louis XV. 80 x 60 x 35 cm.
Estimation : 60 000/80 000 €

Son très bon état de conservation, sa présence depuis plusieurs décennies dans la même collection et surtout sa facture sont les principaux atouts de ce meuble du milieu du XVIIIe siècle, aussi bien décoratif que destiné au travail. Un coup d’œil suffit à reconnaître la patte de son auteur : la sobriété des galbes, l’élégance des proportions, le motif de fleurs fines et déliées, l’emploi de bois parfaitement secs, le soin particulier apporté au montage des tiroirs, la qualité du bâti et l’usage de la marqueterie en bois de bout. Comprenez un débitage perpendiculaire au fil du bois permettant d’obtenir un tracé rigoureux et fin et une tonalité sombre mise en valeur par la luminosité du fond de bois de rose. L’un des sommets de la marqueterie Louis XV… Le décor se déploie sur la surface du meuble que rehaussent des bronzes souples et profondément ciselés, dont l’agrafe au centre de la ceinture, dessinant une ligne trilobée, est typique. S’il semble donc facile  toutes proportions gardées  de reconnaître l’auteur de notre meuble, la présence de l’estampille de Bernard II Van Riesen Burgh n’en est que plus appréciable. L’identification de cette signature longtemps restée mystérieuse tient du roman policier. Ce n’est qu’en 1957 en effet que sont identifiées les initiales, B.V.R.B. Aucune trace d’accession à la maîtrise ne subsiste des trois ébénistes Van Riesen Burgh  tous portant le prénom de Bernard. Originaire de Hollande, le fondateur de l’atelier s’installe à Paris, à la fin du XVIIe siècle. Le plus célèbre, c’est Bernard II, son fils, reçu maître vers 1735. Toute sa production s’inscrit dans les limites chronologiques du règne de Louis XV. Travaillant pour une riche clientèle par l’intermédiaire de marchands merciers comme Lazare Duvaux, Hébert ou Simon-Philippe Poirier, il pourrait avoir été astreint par eux à ne signer que de ses initiales pour ne pas le faire connaître de leurs clients, à moins qu’il n’ait lui-même choisi de signer ses meubles de ses seules initiales en raison de la longueur et de la consonance étrangère de son nom. Quelques centaines de meubles de Bernard II ont été répertoriés, parmi lesquels des tables légères, des tables à écrire, des coffres à bijoux, quelques commodes, des secrétaires et des bureaux de pente  l’un des meubles Louis XV par excellence, né vers 1730 et qui n’a guère survécu au roi. Tout en courbes et en galbes, généralement de taille réduite, plaqué sur toutes ses faces, ce meuble de salon ou de boudoir est essentiellement féminin. Son dessus incliné  qui le différencie du bureau dos d’âne à double pente , se rabat vers l’avant pour former écritoire. Fermé, il dissimule tiroirs et casiers, et joint ainsi l’utile à l’agréable…

mercredi 24 octobre 2018 - 13:45 - Live
Salle 5-6 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Beaussant Lefèvre
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