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District 13 à Drouot, deux foires pour le prix d’une !

Publié le , par Stéphanie Pioda
Vente le 17 septembre 2022 - 15:00 (CEST) - Salle 9 - Hôtel Drouot - 75009

Privés de la foire en 2020 et en 2021, les amateurs retrouvent une seconde fois District 13 cette année, qui affiche un recentrage sur les galeries hexagonales toujours au sein de l’Hôtel Drouot.

Lucas Ribeyron, Friendship, 2022, acrylique et aérosol sur toile, 116 x 73 cm (détail).... District 13 à Drouot, deux foires pour le prix d’une !
Lucas Ribeyron, Friendship, 2022, acrylique et aérosol sur toile, 116 73 cm (détail). Galerie Taglialatella. © Galerie Taglialatella

Une foire deux fois dans l’année ? Et pourquoi pas ! C’est en tout cas le programme 2022 de District 13. Après avoir fait une incursion en janvier, à un moment de pause dans le calendrier des ventes aux enchères de l’Hôtel Drouot, la manifestation dédiée à l’art urbain revient en force en ce mois de septembre. Ce qui était alors une solution d’urgence pour redonner vie à la foire qui n’a pas pu se tenir deux années durant, sur fond de Covid et d’annulations forcées, pourrait devenir pérenne. Des bruits courent en effet sur un possible rythme semestriel… Mais pour l’instant, il s’agit de retrouver le créneau habituel depuis 2018. Pour cette quatrième édition, District 13 marque les esprits avec une affiche confiée au Britannique Dface à l’imagerie trash punk – dont une sérigraphie tirée à 300 exemplaires sera vendue sur place – et par sa sélection de trente exposants (vingt-neuf galeries et une maison d’édition, Albin Michel) qui, s’ils sont majoritairement français, affichent pour certains des profils atypiques. Notons le collectif Naga Collectivo, organisme à but non lucratif créé en 2022 dont le but est de récolter des fonds pour développer un programme culturel et social, l’association Art’Murs fondée en 2018 (qui promeut ici les œuvres d’Alberto Ruce, Carole b, L7Matrix Primal), ou encore Street Art Photo Project, qui diffuse les projets in situ à travers la photographie.
 

Hendrik Czakainski, Triften, 2022, technique mixte sur bois, 205 x 140 cm. Galerie Wallworks. PHOTO LUKAS K. STILLER
Hendrik Czakainski, Triften, 2022, technique mixte sur bois, 205 140 cm. Galerie Wallworks.
PHOTO LUKAS K. STILLER


Habitués et nouveaux venus
L’hôtel des ventes peut accueillir trente-six stands, mais certaines galeries ont un tel programme qu’elles en occupent plusieurs, ce qui est le cas pour Wallworks, Mazel ou Chenus Longhi. Cette dernière a rejoint la sélection cette année avec «une salle entière à nous seuls», comme le détaille Nicolas Chenus, codirecteur. Créée il y a dix ans, la galerie a «récemment changé de nom — elle s’appelait précédemment “Openspace” —, et nous lui donnons une nouvelle direction en nous émancipant un peu de l’art urbain». Cependant, l’ancrage demeure malgré tout et la page ne peut être complètement tournée : «Nous y présenterons deux solo shows d’Éric Lacan et de Mist, ainsi qu’une sélection d’œuvres d’artistes de la galerie : Augustine Kofie, Dan Rawlings, Rouge Hartley et Rafael Gerlach. Enfin, une partie de notre stand sera consacrée à notre programme second marché “(re)collections”. Nous présenterons des œuvres anciennes et/ou remarquables issues de collections privées.» Parmi les nouveaux venus (au nombre de dix en tout), signalons Akutiga, une galerie en ligne, Caillebotteri, qui exerce en appartement, et surtout Stick Together, structure dédiée essentiellement à la promotion de l’artiste hollandais Max Zorn. La responsable, Audrey Sykes, est enthousiaste de cette première participation pour une raison précise : «Nous avons rencontré un grand succès avec des ventes aux enchères d’œuvres de Max Zorn à Drouot ces dernières années.» Elle fait allusion à deux œuvres en particulier. Vendu le 10 mai dernier, Lost in Clouds était adjugé 9 100 € et le 22 juin 2020, Days Like Leaves on a River recevait 10 400 €. Ce dernier travail est très surprenant, puisqu’il s’agit de superpositions de rubans d’emballage marron coupé au cutter, travaillé avec une telle dextérité qu’on en oublie ce qu’est la matière première. «Max Zorn sera présent sur le stand pour créer une œuvre d’art en direct au cours de la semaine afin que les visiteurs puissent comprendre le processus de création avec ce médium», ajoute Audrey Sykes. Sur le stand, les prix varieront entre 500 et 7 500 € – selon la taille, les détails et le caractère unique – et Audrey Sykes est confiante : «Ce sera la première fois que Max Zorn exposera, depuis le solo show à Scope Miami en 2019, où il a fait un sold out 

 

 
Max Zorn, Sparkle, 2021, ruban adhésif, 40 x 50 cm. Stick Together. © Max Zorn
Max Zorn, Sparkle, 2021, ruban adhésif, 40 50 cm. Stick Together. © Max Zorn
Vivier de collectionneurs
Pour cette édition, Claude Kunetz, de la galerie Wallworks, reproduira peut-être aussi un tel «carton» pour les œuvres de Hendrik Czakainski. Il n’avait pas vendu moins de douze œuvres en janvier, et c’est donc un retour attendu pour ces œuvres aux plans de ville imaginaires recouverts d’un voile de couleurs dégradées (entre 6 000 et 17 000 €). Le marchand partage son expérience : «Le plus important pour une galerie quand elle participe à une foire, c’est de rencontrer des nouveaux collectionneurs. À Drouot, pendant District 13, c’est exactement ce qu’il se passe, un vrai vivier de nouvelles têtes bien pleines ! Dans tous les sens du terme ! En janvier 2022, le résultat des ventes était très positif avec plus de 50 % de nouveaux collectionneurs.» Même son de cloche du côté de Bertrand Coustou de la galerie Bahía Utópica, à Valparaiso, et qui participera pour la troisième fois à District 13. «Nous avons rencontré un énorme succès avec deux artistes que nous présentons de nouveau cette année, Lobsang Durney et JP Neira. Parmi les œuvres de ce dernier, Cocinera, dans laquelle l’artiste fait référence à l’histoire de l’art classique, à travers Vermeer, pour critiquer de façon ironique la spéculation sur le marché de l’art contemporain, et en utilisant deux images d’Andy Warhol tout en faisant un clin d’œil à la fameuse vente aux enchères de Banksy.» La galerie Mazel joue encore une fois le jeu des objets chinés aux enchères et détournés, avec Levalet et Martin Whatson (3 500 à 11 000 €), qui ont séduit en janvier, tandis que Bruno Maître, du Lavo//Matik, dédie son stand à deux artistes amis, Rnest et Stéphane Moscato (entre 1 000 et 6 000 €). Il a d’ailleurs décalé l’exposition qu’il avait imaginée pour le premier dans sa galerie du 13
e arrondissement pour que ses œuvres soient valorisées dans cet écrin qu’est Drouot.
 

JP Neria, Cocinera, 2021, huile sur toile, 100 x 90 cm. Galerie Bahía Utópica.
JP Neria, Cocinera, 2021, huile sur toile, 100 90 cm. Galerie Bahía Utópica.


Découvertes et performances
Surfant également sur la vague du succès de janvier, Nadège Buffe, de la galerie Taglialatella, dévoile «les derniers travaux de Lucas Ribeyron, qui poursuit son exploration des squares urbains. En utilisant ses captations par caméra de vidéosurveillance pour reproduire des situations urbaines avec une réalité déformée, l’artiste se réapproprie l’obsession contemporaine de l’image et l’injecte dans sa peinture pour questionner la place de l’individu et sa représentation». Les fidèles craqueront certainement sur la dernière série de Mat Zekky, «Entropia», un travail sur les mythes visant à rappeler que tout cataclysme précède une force et une énergie de vie. Geoffroy Jossaume, de la galerie GCA, mise sur la découverte pour le public français, avec un peintre allemand hyperréaliste, Matthias Mross, et l’artiste français Flog, à qui il a offert sa toute première exposition en juin à Paris et dont la vingtaine d’œuvres a été vendue en 36 heures ! Les prix auront été montés de 15 % environ pour la foire, entre 2 700 et 4 000 €. «Il y a une demande folle autour de lui, je n’ai jamais vu ça en huit ans de galerie !» s’exclame le marchand.

 

Levalet, De l’électricité dans l’air, 2022, technique mixte, 56 x 34 x 17 cm. Galerie Mazel. © Levalet
Levalet, De l’électricité dans l’air, 2022, technique mixte, 56 34 17 cm. Galerie Mazel. © Levalet


Enchères
Tout au long de la foire, UnKolorDustinto, Étienne Cristoffanini, Mon Laferte, Mr Cenz, Flog, Brusk, R. Nuage, Jean Jam, Lady K, Sun7, Chanoir et Kouka se succéderont au cours de performances live sur les murs de l’aire de livraison intérieure de l’Hôtel Drouot. La vente aux enchères aura bien lieu aussi cette année, mais elle se déroulera le samedi à 15 h et non plus le dimanche en clôture de la foire. Autre nouveauté : l’accès à cette vente se fera uniquement sur invitation et dispersera une trentaine de lots, dont Plus loin que l’horizon (2016) de Maye (30 000/40 000 €), «un artiste dont on parle beaucoup en ce moment», note Geoffroy Jossaume qui a repris sa casquette d’expert pour l’occasion, Dead Zone : Phase (2010), de Speedy Graphito (10 000/15 000 €), ou encore une matrice de pochoir sur papier de Shepard Fairey de 2020, une pièce unique et non une édition (20 000/30 000 €).

à savoir
Hôtel Drouot, 9 rue Drouot.
District 13 International Art Fair Du jeudi 15 au dimanche 18 septembre
(jeudi et samedi, de 11 h à 21 h, vendredi, de 11 h à 19 h, dimanche, de 10 h à 19 h).
www.district13artfair.com
samedi 17 septembre 2022 - 15:00 (CEST) - Live
Salle 9 - Hôtel Drouot - 75009
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