Diplomatie mondiale d’hier par Albert Sarraut

Le 06 mai 2021, par Anne Doridou-Heim

Les ordres et décorations du monde se mettaient en marche pour venir s’accrocher et raconter leur histoire, notamment celle du temps d’Albert Sarraut.

Chine, Yunnan. Médaillon diplomatique offert par le général Tang Jiyao, gouverneur du Yunnan, à Mme Albert Sarraut, bijou en or figurant deux soleils superposés à huit pointes, le centre orné de deux dragons affrontés maintenant un cabochon de pierre bleue, suspendu à une longue chaîne, poids brut 205 g.
Adjugé : 24 130 

La maison de ventes Pescheteau-Badin a rejoint Beaussant Lefèvre pour organiser cette dispersion spécialisée. Ensemble, elles totalisaient 430 282 €. La première présentait ce médaillon constitué de deux soleils, offert par le général Tang Jiya, gouverneur du Yunnan, à Mme Sarraut, épouse d’Albert Sarraut (1872-1962). De celui-ci, avocat, député, sénateur, puis ministre, on connaît l’implication dans la gestion des colonies françaises et tout spécialement de l’Indochine, dont il devient gouverneur général à deux reprises, de 1911 à 1914, puis de 1917 à 1919. Cette pièce retenait 24 130 €. Un ensemble de première classe (Grand-Croix) comprenant le bijou et la plaque en vermeil et émail de l’ordre du Grain d’or, fondé en 1912, recevait 26 670 €. Celui-ci a été décerné le 28 février 1914 directement à Albert Sarraut par «Le grand Président de la République de Chine […], afin de témoigner de [sa] bonne volonté.» Ce sont donc deux décorations d’une haute valeur diplomatique récompensant un homme qui, par sa politique, a cherché à introduire plus de démocratie dans le système colonial, notamment en donnant davantage de postes aux élites locales. Sur le procès-verbal de Beaussant Lefèvre étaient inscrits les 22 860 € de la croix de chevalier à huit pointes pommetées de l’ordre de Saint-Michel, fondé en 1469 (voir l'article Un scientifique, chevalier de l’ordre de Saint-Michel de la Gazette n° 16, page 39), remise au scientifique Jean-Baptiste Biot (1774-1862) par Louis XVIII, le 21 juillet 1821, il y a donc quasiment deux cents ans. On y trouvait également un bijou de chevalier prussien en or ciselé attribué «pour le Mérite pour les Sciences et les Arts», cette fois accroché à 16 510 €, et les 12 700 € d’une croix de 2e classe avec couronne impériale en or et émail rouge, du fameux ordre de chevalerie du duché de Holstein-Gottorp de Sainte-Anne, fondé en 1735 avant d’être modifié en 1797 et incorporé aux ordre russes par le tsar Paul Ier (1796-1801). Sa devise ? «Amantibus, Justitium, Pictitiam et Fidum», autrement dit «Amour, justice, piété et fidélité».

mercredi 28 avril 2021 - 13:00 - Live
Salle 11 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Beaussant Lefèvre , Pescheteau-Badin
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