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Di Rosa s’expose à Valence

Publié le , par Stéphanie Pioda

«Je suis passé de couillon et emmerdeur à artiste patrimonial», dit en plaisantant Hervé Di Rosa lors de l’inauguration de l’exposition. Il tient à ce que cet événement important se déroule en région, où les musées ne sont pas assez soutenus par la presse parisienne selon lui. S’il ne s’agit pas d’une rétrospective en tant...

Hervé Di Rosa (né en 1959), Perfect Eden Excelsior, 2016, acrylique sur toile, collection... Di Rosa s’expose à Valence
Hervé Di Rosa (né en 1959), Perfect Eden Excelsior, 2016, acrylique sur toile, collection particulière.
© Musée de Valence, photo Cédric Prat - Studio L’Œil Écoute © Adagp, Paris, 2022

«Je suis passé de couillon et emmerdeur à artiste patrimonial», dit en plaisantant Hervé Di Rosa lors de l’inauguration de l’exposition. Il tient à ce que cet événement important se déroule en région, où les musées ne sont pas assez soutenus par la presse parisienne selon lui. S’il ne s’agit pas d’une rétrospective en tant que telle, on le suit à la trace sur quarante années de création, depuis son «avénement» artistique avec la figuration libre – dont on découvre ici de rares dessins – jusqu’à Time Spiral, clin d’œil au parcours du musée construit sur un récit en forme de palindrome – et à la chronologie par deux fois inversée. Ses œuvres s’y glissent en un dialogue avec les collections encyclopédiques, avec comme point de départ les dessins d’Hubert Robert – troisième plus riche ensemble après le Louvre et l’Ermitage. Fasciné par le peintre de ruines et de paysages fantastiques, l’artiste les a interprétés au filtre de sa «Diromythologie», les fondements de son univers avec une centaine de personnages, où se mêlent contre-culture, BD, punk, mais aussi références classiques. Pour ce troisième volet de la série «All-Over», il déploie donc 200 œuvres sur les 4 000 mètres carrés du musée, sans qu’un sens de lecture soit privilégié tant le parcours permanent est un heureux labyrinthe. Les rencontres se font généralement heureuses : ses céramiques à côté de celles de Pierre Boncompain ou de Maurice Savin, son monstre vert confronté à un chapiteau roman, ses masques de bois flotté dans les salles de la préhistoire, son Perfect Eden Excelsior en face de Fleurs et fruits de Paolo Porpora, ou encore ses peintures d’inspiration mexicaine face à la pietà d’Étienne-Martin… Un voyage autour de la planète Di Rosa, qui s’est toujours attaché à brouiller les frontières entre culture populaire et art tout court. Son démon !

Musée de Valence, art et archéologie,
4, place des Ormeaux, Valence (26), tél. : 04 75 79 20 80,
Jusqu’au 28 août 2022.
www.museedevalence.fr
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