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Deux faces pour un reliquaire kota

Publié le , par Christophe Provot
Vente le 05 avril 2023 - 14:15 (CEST) - Salle 10 - Hôtel Drouot - 75009

Provenant d’une importante collection particulière française, cet artefact relève d’un type peu commun : les reliquaires bifaces.

Peuple obamba, Gabon ou République du Congo, rare reliquaire biface mbulu viti, aire... Deux faces pour un reliquaire kota
Peuple obamba, Gabon ou République du Congo, rare reliquaire biface mbulu viti, aire Kota du Sud, bois, cuivre, laiton et fer, h. 58 cm.
Estimation : 50 000/70 000 

À la fois féminins et masculins, les reliquaires semblables à celui-ci représenteraient moins de 1 % du corpus existant. Ce type d’effigie en bois plaqué de cuivre et de laiton, généralement conservé à l’abri des regards profanes, était l’élément majeur placé au sommet des paniers reliquaires, faits d’écorce ou d’osier tressé, que transportait le peuple kota dans ses incessantes migrations. Selon le missionnaire suédois Efraim Andersson, qui vécut parmi les Kota de l’ancien Congo français en 1935, elles sont plus anciennes et socialement plus importantes que les figures à un seul visage, et cela dans plusieurs des groupes de l’ethnie : Obamba, Wumbu et Ndasa. L’association de deux visages opposés sur un mbulu viti, que l’on peut donc identifier comme ceux de personnages de sexe différent – masculin du côté du front bombé, et féminin, du côté concave –, correspond à la dualité primordiale comprenant l’homme et la femme, celle-là même qui est évoquée dans les récits mythiques et les contes. La figure biface mbulu viti, parfois appelée aussi mboy, rassemble donc en quelques signes et volumes caractéristiques, l’essentiel de la puissance et de la vitalité des ancêtres, dans ses aspects strictement complémentaires et ici combinés, masculin et féminin. Leur grande valeur rituelle aurait d’ailleurs induit leur rareté dans les collections occidentales, dans la mesure où ces figures d’ancêtres ont toujours été difficiles à observer sur le terrain, et à plus forte raison à acheter. L’apparition du nôtre constitue donc en soi un événement. Accompagnera-t-il la reine d’Égypte dans l’au-delà ? La Cléopâtre mourant en marbre du Pont (50 61 30 cm), rare témoignage de la production commune des frères Ignazio (1724-1793) et Filippo (1737-1800) Collino, se laisse glisser vers la mort à 20 000/30 000 €.

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