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Des victoires pour les peintres de la Bretagne

Publié le , par Philippe Dufour
Vente le 09 décembre 2017 - 14:30 (CET) - Hôtel des ventes, 26, rue du Château - 29200 Brest

Paul Gauguin, Émile Bernard, Paul Sérusier ou encore Henry Moret… Les plus grands étaient au rendez-vous de la vacation brestoise du samedi 9 décembre.

Henry Moret (1856-1913), Port-Domois : Belle-Ile en Mer, huile sur toile, 60 x 73... Des victoires pour les peintres de la Bretagne

Henry Moret (1856-1913), Port-Domois : Belle-Ile en Mer, huile sur toile, 60 x 73 cm.
Adjugé : 128 100 €

Et les résultats enregistrés s’avéraient à la hauteur de ces noms, chers aux amoureux de l’école de Pont-Aven. À commencer par Bernard et ses Trois Bretonnes en coiffe de veuve peintes en 1888 (voir Gazette n° 42, page 218). L’œuvre triplait largement son estimation maximale en se hissant à 286 700 €, un chiffre conséquent, auquel n’est pas étranger le parcours de la toile, provenant du fils de Maurice Denis, Dominique, via sa descendance. La deuxième place revenait à une autre célébrité : Henry Moret, dont la cote ne faiblit pas (voir Art Analytics, Gazette n° 42 page 28). les 128 100 € étaient ainsi alloués à une vue de Port-Domois : Belle-Ile. D’une facture encore impressionniste qui mettait particulièrement en valeur les teintes roses et orangées des falaises, la toile portait au dos une précieuse référence du marchand Paul Durand-Ruel. Du même, un paysage très bleuté de Goulphar, Belle-Ile emportait l’enchère de 103 700 €, précédant les 64 660 € offerts en échange d’une Côte rocheuse. Place ensuite à un monstre sacré : Paul Gauguin, avec une production de jeunesse datée de 1874, la Clairière II ; d’une facture presque romantique, elle nécessitait 102 480 €. Un autre Paul, Sérusier, enregistrait aussi quelques beaux résultats : 109 800 € pour le Veau d’or, une huile de 1910, talonnée par un Portrait de jeune Bretonne à la coiffe de 1926, décroché pour 107 360 €, ou encore par le Chemin rose de 1920, à 89 060 €. Quant à la sensible scène nocturne, au clair de lune, de Ferdinand Loyen du Puigaudeau, intitulée Le Pouldu le feu sur la plage, elle suscitait un achat à 39 040 €.

 

Œuvre de jeunesse du futur «sauvage» de l’art, cette huile de Paul Gauguin (1848-1903), datée de 1874, représente une Clairière numérotée
Œuvre de jeunesse du futur «sauvage» de l’art, cette huile de Paul Gauguin (1848-1903), datée de 1874, représente une Clairière numérotée «II» (38 x 46 cm) . Elle est une variante très proche de la Clairière du musée des beaux-arts d’Orléans, que l’on a pu admirer jusqu’en mars dernier à l’exposition de l’atelier Grognard, à Rueil-Malmaison, consacrée à «Peindre la banlieue». Exécutée en 1873, cette dernière présente la même composition. À Brest, la version II était adjugée 102 480 €.
Ferdinand Loyen du Puigaudeau (1864-1930), breton par sa naissance, s’est abondamment inspiré de sa province natale pour construire une œu
Ferdinand Loyen du Puigaudeau (1864-1930), breton par sa naissance, s’est abondamment inspiré de sa province natale pour construire une œuvre sensible et originale. S’inscrivant dans la manière post-impressionniste, ses paysages à la touche souvent très fragmentée, s’enveloppent d’une atmosphère de mystère, à l’image de la toile nommée Coucher de soleil devant la maison du douanier (54 x 73 cm), datée de 1917 et adjugée 36 600 €. Cette modeste demeure a été déclinée par l’artiste en différentes versions, et sous divers éclairages.
Peinte sans aucun doute après la fête patronale de la paroisse Saint-Joseph le 16 septembre 1888, la scène représente Trois Bretonnes en c
Peinte sans aucun doute après la fête patronale de la paroisse Saint-Joseph le 16 septembre 1888, la scène représente Trois Bretonnes en coiffe de veuve (25 x 31 cm). La toile est traitée dans le remarquable synthétisme qu’Émile Bernard (1868-1941) élaborera de façon assez brève de 1888 à 1895, réduisant le modelé des personnages à quelques aplats de matière, cernés de bleu. Fort célèbre, car exposé à plusieurs reprises comme à Paris à l’Orangerie en 1949, ou à la Tate Gallery de Londres en 1966, ce chef-d’œuvre prenait la tête des meilleurs résultats avec 286 700 €.
Paul Sérusier (1864-1927) trace ici le Portrait d’une jeune Bretonne à la coiffe (90 x 55 cm) en 1926, une huile sur toile qui n’a pas rem
Paul Sérusier (1864-1927) trace ici le Portrait d’une jeune Bretonne à la coiffe (90 x 55 cm) en 1926, une huile sur toile qui n’a pas remporté moins de 107 360 €, doublant largement son estimation maximale. À cette époque, Sérusier vit et travaille principalement dans sa maison de Châteauneuf-du-Faou dans le Finistère ; il poursuit ses recherches autour d’images aux couleurs et aux formes simples, d’une allure presque médiévale ce qui l’oriente aussi vers des cycles décoratifs. Une tendance qu’illustre parfaitement cette paysanne juvénile, à la pose sage sur un fond de paysage printanier.
samedi 09 décembre 2017 - 14:30 (CET)
Hôtel des ventes, 26, rue du Château - 29200 Brest
Thierry - Lannon & Associés
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