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Des pommes, des poires et… un perroquet

Le 04 janvier 2018, par Anne Doridou-Heim

La présence de fruits ainsi que d’un perroquet renouvelle le thème des plus classiques de la Vierge à l’Enfant et lui confère un petit supplément d’humanité. L’exotique volatile est en fait, depuis l’époque médiévale, l’un des symboles de l’Immaculée Conception. Toujours propre, les gouttes d’eau ruisselant sur son plumage…

Des pommes, des poires et… un perroquet
Cornelis Bazelaere (documenté à Anvers en 1523), dit le Maître au perroquet, Vierge à l’Enfant tenant un perroquet, huile sur panneau de chêne, 40 x 32 cm.
Adjugé : 103 750 €

La présence de fruits ainsi que d’un perroquet renouvelle le thème des plus classiques de la Vierge à l’Enfant et lui confère un petit supplément d’humanité. L’exotique volatile est en fait, depuis l’époque médiévale, l’un des symboles de l’Immaculée Conception. Toujours propre, les gouttes d’eau ruisselant sur son plumage sans pouvoir le mouiller, il est comparé à la Vierge Marie, jamais souillée par les péchés. De plus, dans son cri, on peut reconnaître le mot «ave». On aurait donc dû le voir plus souvent associé. Mais celui qui, pendant longtemps, n’a été connu que sous le nom de «Maître au perroquet» est l’un des rares à l’avoir représenté. Ce qui, justement, a fini par l’identifier. Aujourd’hui, les experts s’accordent pour dire qu’il ne fait qu’un ou tout du moins pour une partie de ses œuvres avec Cornelis Bazelaere, un peintre dont on sait finalement peu de choses, si ce n’est qu’il est inscrit dans les registres de la guilde d’Anvers en 1523 et qu’il a un fils, mentionné en 1553. Ce n’est pas suffisant, près d’une centaine d’ateliers étaient enregistrés dans l’opulente ville flamande dans la première moitié du XVIe siècle, où la coutume n’était pas alors de signer ses œuvres… Cela étant dit, il faut se pencher sur la qualité stylistique de cette peinture. La rondeur du visage de la Vierge, la douceur des modelés, le geste ample de l’Enfant et une certaine monumentalité dans sa représentation font penser aux travaux de Joos van Cleve (vers 1485-1541), l’un des principaux artistes d’Anvers de l’époque. De la belle ouvrage, dont il ne faut pas oublier de regarder également les fruits disposés sur l’entablement du premier plan, annonciateurs des natures mortes qui feront les belles heures de la peinture flamande des siècles suivants. Pour l’heure, leur présence renvoie à la tradition réaliste du XVIe siècle. Ce panneau, nanti de tant de qualités, ne passait pas inaperçu et se laissait cueillir à 103 750 €.

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