Des choix récompensés

Le 06 décembre 2018, par Anne Doridou-Heim
Sèvres, plateau du déjeuner des «Portraits de la famille royale» en porcelaine, forme ovale, première grandeur, à décor polychrome central du départ de la famille royale dans une calèche de la cour d’honneur du château de Neuilly, la bordure ornée en or et platine d’une frise de grecques, feuilles d’acanthe, draperies et d’un cartouche signé «Robert» et daté 1835, marqué «LP» couronnés, 1835, 45 x 35 cm.
Adjugé : 132 200 €

À l’heure du bilan, celle des choix se révélait judicieuse. La seconde dispersion des céramiques de Christophe Perlès se concluait sur un produit de 804 258 € (Gazette n° 26, page 80)  la session du 18 juin ayant rapporté 591 242 € , celui final de cet ensemble se montant à 1 395 500 €. Un résultat plus que positif et concluant trente années marquées par l’exigence de la qualité et la recherche de pièces rares et historiques. Faïences et porcelaines s’y côtoyaient pacifiquement. Parmi les premières, une chevrette réalisée à Rouen vers 1550, dans l’atelier de Masséot Abaquesne et relevant d’une commande reçue de l’apothicaire Pierre Dubosc en 1545, comprenant rien de moins que 4 152 pots à pharmacie , affichait avec fierté, et à 60 480 €, le profil casqué d’un homme. L’organisation en 2017, à Écouen et au musée de la Céramique de cette cité normande, d’une exposition consacrée à ce grand céramiste de la Renaissance a largement contribué à relancer l’intérêt autour de ses productions.
Tendre ou dure, pourquoi choisir ?
Cette collection mettait également en lumière les stars des manufactures françaises du XVIIIe siècle, à savoir Vincennes et Sèvres. Honneur à la première avec un seau à verre «forme du Roy» (reproduit page de droite) issu du premier service livré pour Louis XV, dont le décor polychrome de bouquets de fleurs, dans des réserves cernées de palmes, émergeait d’un fond bleu céleste. Conçu en 1754, cet objet à vocation utilitaire, ne l’oublions pas retenait 132 300 €. Christophe Perlès affectionnait les ambitieux groupes, en porcelaine tendre émaillée blanc, représentant des scènes de chasse d’un grand naturalisme. Si face à une hyène, le chien (voir page 72 de la Gazette no 41) ne triomphait pas, un autre attaquant un sanglier, terminait la partie victorieux de 63 000 €. Place à Sèvres… Avec modestie, elle empochait 67 500 € pour une cuvette «Courteille» modèle de la seconde grandeur exécutée en 1784, dont le décor chinoisant manifestait le goût pour ce style tout au long du XVIIIe siècle et le fond renvoyait un éclatant trompe-l’œil de lapis-lazuli. Royale, impériale puis nationale, elle abordait le XIXe siècle avec la même force, traversant les régimes et les années sans prendre une fêlure. Le musée du Louvre préemptait à 25 200 € un plateau du déjeuner des «Portraits de la famille royale» (reproduit ci-dessus), livré à la reine Marie-Amélie le 22 août 1837, dont le décor, réalisé par le peintre Robert, était composé comme un véritable tableau. Louis-Philippe, malmené par l’histoire, revient dans les musées par la grande porte cette saison !

 

Vincennes, seau à verre «forme du Roy» en porcelaine tendre, à deux prises latérales en forme de rinceaux feuillagés, décor polychrome de bouquets de
Vincennes, seau à verre «forme du Roy» en porcelaine tendre, à deux prises latérales en forme de rinceaux feuillagés, décor polychrome de bouquets de fleurs dans deux réserves cernées de palmes et fleurs en or sur fond bleu céleste, marqué «LL» entrelacés, lettre-date «A» pour 1754, marque de peintre «4» non identifiée, XVIIIe siècle, 1754, h. 12,5 cm, l. 19 cm.
Adjugé : 25 200 €
lundi 26 novembre 2018 - 14:15 - Live
Salle 4 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Pescheteau-Badin
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