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Des assiettes de Sèvres ayant appartenu à Louis XV

Le 25 novembre 2021, par Caroline Legrand

Datées de 1763, huit assiettes en porcelaine de Sèvres provenant du service «à attributs et groseilles» du roi Louis XV seront proposées aux enchères. Faste et luxe à la Cour de Versailles.

Des assiettes de Sèvres ayant appartenu à Louis XV
XVIIIe siècle, manufacture de Sèvres. Ensemble de huit assiettes à potage en porcelaine de Sèvres du service «à attributs et groseilles» du roi Louis XV, marquées «LL» entrelacés, lettre-date «K» pour 1763, sans marque de peintre (détail).
Estimation : 40 000/60 000€

Dans la nouvelle salle à manger de ses petits appartements du château de Versailles, dite «aux Salles Neuves», Louis XV accueillait régulièrement ses amis, ses courtisans les plus proches ou ses favorites. Si le souverain préférait aux grandes cérémonies publiques les soupers plus intimes qui s’y tenaient, souvent au retour de la chasse, il n’en négligeait pas pour autant le luxe de la table, ces repas demeurant malgré tout une occasion d’affirmer son pouvoir. Le faste du service à la française se met à cette époque en place, dans un impressionnant défilé de mets : les potages, soupes sophistiquées aux vertus digestives, qui servaient de mises en bouche, ouvraient alors le bal avant de céder la place aux entrées, pièces rôties, salades, entremets et autres desserts. Les plats, assiettes et pièces de forme se devaient d’être à la hauteur du royal événement ! On connaît ainsi plusieurs grands noms de services commandés par Louis XV. À ceux à fond «bleu céleste», à fond vert, à fond «bleu lapis caillouté d’or» et aux «enfants et mosaïques», s’ajoute celui «à attributs et groseilles», auquel appartiennent les huit assiettes présentées à Nantes.
Une précieuse lettre-date
Tout comme la plupart de ses prédécesseurs, cet ensemble a été commandé auprès de la manufacture de Sèvres. Laquelle connaît un exceptionnel essor depuis son déménagement de Vincennes, en 1756, pour un terrain offert par Madame de Pompadour, suivi du rachat trois ans plus tard de la totalité de ses actions par Louis XV. Devenue royale, la manufacture reçoit les plus importantes commandes, les services pour l’usage du roi comme ceux destinés aux cadeaux diplomatiques. Si les premières pièces du service «à attributs et groseilles» ont été acquises en décembre 1763 pour le château de Versailles, l’ensemble fut complété durant les années 1769, 1771, 1772, 1773, 1774, 1785 et 1790… Chaque plat et assiette se caractérise par le motif doré d’une branche de groseilles en relief et en or. Autour, sont peints différents ornements polychromes – de trophées de chasse, de musique ou civils –, et au centre, une guirlande de fleurs en cercle : un décor que l’on doit sans doute au spécialiste du genre à la manufacture, le peintre Charles Buteux. Le service apparaît encore dans un inventaire des porcelaines du château de Versailles en date de janvier 1782. Dans ce dernier figurent notamment vingt-trois assiettes à potage. Le 1er janvier 1784, sur ordre de Marc-Antoine Thierry, baron de Ville-d’Avray, valet de chambre du roi Louis XVI et surintendant des Cabinets du roi, ces assiettes sont envoyées à Alexandre-Lemoine de Crécy, garde général du Garde-Meuble à Paris, Compiègne et Fontainebleau. Par la suite, elles firent plusieurs allers-retours à Versailles. On perdra leur trace, avant d’en voir certaines réintégrer des collections publiques comme le Louvre, Versailles, Sèvres et le musée des Arts décoratifs de Paris, et d’en retrouver d’autres au gré des ventes aux enchères. Mais rares sont les ensembles comptant huit pièces, de plus datées de la première année de fabrication du service – 1763 – comme en témoigne
la lettre-date «K».

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