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Denis Van Alsloot, peintre de fêtes

Publié le , par Agathe Albi-Gervy
Vente le 23 septembre 2022 - 14:00 (CEST) - Hardturmstrasse 102 - 8031 Zurich

Le peintre de cour Denis Van Alsloot, dont les œuvres d’une telle qualité passent rarement sous le marteau, a été chargé par l’archiduc Albert d’Autriche et son épouse Isabelle d’Espagne d’immortaliser l’une des plus grandes fêtes de leur règne.

Denis Van Alsloot (vers 1570 - vers 1626) et atelier, L’Archiduc Albert et l’archiduchesse... Denis Van Alsloot,  peintre de fêtes
Denis Van Alsloot (vers 1570 vers 1626) et atelier, L’Archiduc Albert et l’archiduchesse Isabelle lors d’une fête à Vivier d’Oye près de Bruxelles, huile sur toile, 151 239,5 cm.
Estimation : 150 000/250 000 CHF

Un curieux spectacle se joue ici au milieu de l’étang, accrochant l’intérêt d’une foule hétéroclite, massée dans le moindre espace disponible, jusque dans la forêt. Au sein d’une loge recouverte de feuilles, à droite du plan d’eau, on distingue l’archiduc Albert (1559-1621) et son épouse, Isabelle d’Espagne (1566-1633). Nous sommes le 15 mai 1615, dans la forêt de Soignes, près de Bruxelles – à l’époque capitale des Pays-Bas espagnols. La compétition annuelle de tir organisée par les arbalétriers du Grand Serment royal, l’une des guildes les plus prestigieuses de Bruxelles, proclame l’archiduchesse reine de la Guilde et la célèbre durant plusieurs jours. La participation du couple archiducal à ces festivités constitue une tradition vieille de plus d’un siècle. Mais en cette année 1615, elle revêt un caractère particulier : après les troubles politiques et religieux ayant secoué la province du Brabant dans la seconde moitié du XVIe siècle, les souverains souhaitent montrer qu’une nouvelle ère de paix et de prospérité est née. Ainsi commandent-ils à certains artistes, dont leur peintre de cour Denis Van Alsloot, une série de huit toiles monumentales visant à commémorer ces célébrations. Les œuvres sont exposées à partir de 1620 dans la grande galerie du château de Tervuren. Parmi elles figure la première version de la présente composition, datée de 1616 et aujourd’hui conservée au musée du Prado, à Madrid. Quant au tableau présenté par Koller, il fut très certainement peint en même temps qu’une autre version, propriété du musée des Beaux-Arts de Belgique, à Bruxelles. Il y a toutes les raisons de croire que les deux œuvres ont été réalisées sous la direction de Van Alsloot et de son fidèle collaborateur, Antoon Sallaert (1594-1650), et directement inspirées de l’original du Prado, dont on sait qu’il a demeuré dans l’atelier jusqu’en 1620, laissant tout loisir à la copie. Aucun autre événement du règne d’Albert et Isabelle n’a abouti à une production artistique aussi intense. Il est probable que des gravures en aient même été distribuées à la cour, ainsi qu’aux citoyens de Bruxelles.
 

Rare aquarelle John Frederick Lewis
Rare aquarelle de John Frederick Lewis (1805-1876) à apparaître aux enchères avec une telle richesse de coloris, ce Fakir à la porte d’une mosquée, figurant dans la vente de dessins anciens du vendredi 23 septembre, mêle également la gouache et le crayon. Mesurant 31,1 x 26 cm, elle est datée de 1863, période d’apogée pour le peintre orientaliste anglais. Un an plus tard en effet, la Royal Academy accroche plusieurs de ses œuvres, toutes acclamées des critiques ; parmi elles se trouvait le tableau, perdu de longue date, dont la présente aquarelle reprend la composition.
Estimation : 40 000/60 000 CHF
Metamorphosis insectorum Surinamensium constitue l’ouvrage le plus important de la naturaliste Maria Sibylla Merian (1647-1717), une des p
Metamorphosis insectorum Surinamensium constitue l’ouvrage le plus important de la naturaliste Maria Sibylla Merian (1647-1717), une des premières illustratrices dans le domaine de l’histoire naturelle. Ce titre, très rare sur le marché, est l’un des lots phares du catalogue de livres et autographes du mercredi 21 septembre. Il naît d’un voyage effectué de 1699 à 1701 au Surinam, colonie néerlandaise d’Amérique du Sud, que la Compagnie néerlandaise des Indes orientales avait financé à Maria Sibylla, dans le but d’y étudier les insectes dans leur milieu naturel. Publié dès 1705, il est surtout connu par ses rééditions posthumes – celle-ci a été imprimée à Amsterdam en 1719 et 1730.
Estimation : 120 000/160 000 CHF

Sa taille et sa composition originale font de cette toile, à l’affiche de la vente de tableaux anciens du vendredi 23 septembre, l’une des
Sa taille et sa composition originale font de cette toile, à l’affiche de la vente de tableaux anciens du vendredi 23 septembre, l’une des œuvres les plus ambitieuses du maître utrechtois Dirck Van Baburen (1595-1624). Peinte aux Pays-Bas vers 1621, soit peu après son retour de Rome, cette Offrande à Cérès, mesurant 137 186,7 cm, est tout entière empreinte de l’art du Caravage, qu’il s’agisse de son sujet – rarement traité en peinture –, de son éclairage, des couleurs ou de la figure du soldat cuirassé de dos.
Estimation : 500 000/800 000 CHF
Le grand maître-modéliste Johann Gottlieb Kirchner (1706-1768) s’est inspiré d’un modèle japonais en porcelaine d’Arita, du XVIIe siècle,
Le grand maître-modéliste Johann Gottlieb Kirchner (1706-1768) s’est inspiré d’un modèle japonais en porcelaine d’Arita, du XVIIe siècle, pour créer cette précieuse théière en céramique de Meissen proposée jeudi 22 septembre. La réplique occidentale a spécialement été commandée par le marchand mercier français Rudolphe Lemaire pour le marché parisien, dans le but de le vendre en tant qu’original japonais. Ce type de pièce en forme de coq faisait partie en effet des porcelaines les plus recherchées de la haute société parisienne. Lemaire a certainement rapporté lui-même du Japon un spécimen d’Arita, pour en produire des copies.
Estimation : 26 000/30 000 CHF
vendredi 23 septembre 2022 - 14:00 (CEST)
Hardturmstrasse 102 - 8031 Zurich
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