Dehors-Dedans, inédits d’ateliers à Issoudun

Le 30 juin 2020, par Sarah Hugounenq
Vincent Mauger (né en 1976), La Théorie des ensembles, 2018, acier et bois, 600 cm, collection musée de l’Hospice Saint-Roch. Achat avec l’aide du FRAM, 2018.
© Adagp, Paris 2020

Tel un baume au confinement, il nous accueille à l’entrée du musée, les bras grands ouverts, les épaules larges et la stature majestueuse. Monumental, L’Homme (1954) d’Anton Prinner affirme au premier coup d’œil la nouvelle orientation prise par le musée de l’Hospice Saint-Roch : mettre en valeur la sculpture moderne non pas des grands noms rebattus, mais de destins atypiques plus ou moins reconnus par les manuels d’histoire de l’art. Quelques semaines avant l’épidémie, l’institution inaugurait son parc de sculptures sur les parcelles d’anciens jardins ouvriers, à l’arrière de l’Hôtel-Dieu. Conçu comme une salle supplémentaire à ciel ouvert, le parcours y mêle les grandes figures de la collection – telles les œuvres de Nicolas Hérubel et Marie-Pierre Thiébaut, spécialement coulées dans le bronze – à des incontournables de la discipline déposés par la Fondation César ou le Centre Pompidou (Microbe vu à travers un tempérament, Max Ernst, 1964). Pour le compléter, l’institution a lancé ses premières commandes publiques, notamment auprès de Vincent Mauger. En écho, la visite se poursuit à l’intérieur au travers de l’invitation faite à Mâkhi Xenakis d’installer ses «Folles d’enfer» de la Salpêtrière (jusqu’au 30 décembre 2020). Autre contrepoint, huit artistes vivants représentés dans le parc ont été invités à montrer une autre facette de leurs recherches, évitant l’enfermement dans une pratique.
En peinture, dessin ou vidéo, un jeu de résonances s’installe entre ce qui est dans et hors les murs. Présentés pour la première fois au public, les spectres diaphanes peints par Brigitte Terziev répondent à ses angoissants
Veilleurs de bronze. Les encres de femmes déchirées d’Odile Mir rappellent son travail sur le corps en éléments désarticulés… Entre dehors et dedans, volume et platitude, le musée bouscule les sens.

Musée de l’Hospice Saint-Roch,
Issoudun (36), tél. 
: 02 54 21 01 76.
Jusqu’au 6 septembre 2020.
www.museeissoudun.tv
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