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De Staël, une abstraction figurative

Publié le , par Sophie Reyssat

Si Nicolas de Staël soumet ses tableaux à la géométrie, à l’instar d’autres artistes de l’école de Paris engagés dans l’abstraction, ce n’est plus elle qui dicte sa loi à l’époque où il réalise ce tableau, mais bien plutôt la couleur. Posée en aplats lissés au couteau, c’est elle qui crée les plans de la composition. 1952...

Nicolas de Staël (1913-1955), Paysage (La Ciotat), 1952, huile sur carton signée,... De Staël, une abstraction figurative
Nicolas de Staël (1913-1955), Paysage (La Ciotat), 1952, huile sur carton signée, 38 x 55 cm.
Adjugé : 1 029 050 €

Si Nicolas de Staël soumet ses tableaux à la géométrie, à l’instar d’autres artistes de l’école de Paris engagés dans l’abstraction, ce n’est plus elle qui dicte sa loi à l’époque où il réalise ce tableau, mais bien plutôt la couleur. Posée en aplats lissés au couteau, c’est elle qui crée les plans de la composition. 1952 est une période charnière, où aux tons neutres se joignent des teintes plus vives, comme autant de sensations jetées sur la toile. Car Nicolas de Staël ne revendique pas une abstraction pure : ses œuvres sont la transposition de ce qu’il voit, comme le précise d’ailleurs le titre de cette huile sur carton, Paysage (La Ciotat). La lumière de la Méditerranée, qui fascine tant les artistes, y devient matière. Cette année 1952, celle d’un séjour dans le Midi de la France, l’artiste la qualifie de «fulgurante». Il entend bien tirer les leçons de cette irradiation et trouver le moyen de la restituer dans ses tableaux. Les mosaïques de Ravenne, dont il a découvert l’art miroitant des tesselles un an plus tôt dans une exposition parisienne, seront l’une des sources d’inspiration du peintre fasciné par les vibrations optiques. À l’image des fragments de matière associés pour dessiner le sujet d’une mosaïque, les cloisonnements de Nicolas de Staël construisent l’espace auquel ils donnent un sens. Martin Barré a quant à lui choisi de se couper de toute référence avec son 58 - 110 x 110 - A (voir page de droite), afin de mieux immerger le spectateur dans l’espace de son tableau. Autre vision avec Gérard Schneider qui joue avec le vide, qui sature la surface de son Opus 95D de mouvements énergiques, peints en 1960 sur des remous sous-jacents. Une œuvre riche en émotions, vendue en association avec Christie’s Paris, et à laquelle les amateurs ont été sensibles à hauteur de 106 600 €. 

 

Martin Barré (1924-1993), 58 - 110 x 110 - A, 1958, huile sur toile signée, contresignée, titrée et datée, 110 x 110 cm (détail). Adjugé : 104 000 €
Martin Barré (1924-1993), 58 - 110 x 110 - A, 1958, huile sur toile signée, contresignée, titrée et datée, 110 x 110 cm (détail).
Adjugé : 104 000 €
dimanche 16 décembre 2018 - 14:30 (CET) - Live
3, impasse des Chevau-Légers - 78000 Versailles
Versailles Enchères
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