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De la Chine à l’Europe, les choix de Jacques Guerlain

Publié le , par Philippe Dufour
Vente le 24 novembre 2018 - 14:00 (CET) - Galerie des ventes, 2, impasse Notre-Dame-du-Chemin - 45000 Orléans

Voici une vacation qui nous renvoyait à l’époque du grand goût français, où se sont illustrés bien des grands collectionneurs parisiens du XXe siècle. Le parfumeur Jacques Guerlain a été l’un d’entre eux, comme en témoignait la dispersion de quelques-unes de ses plus belles acquisitions, pieusement conservées par ses descendants...

Vase en porcelaine dite «céladon», monture en bronze ciselé et doré, couvercle centré... De la Chine à l’Europe, les choix de Jacques Guerlain
Vase en porcelaine dite «céladon», monture en bronze ciselé et doré, couvercle centré d’une rosace, base tripode à crosses, culot godronné à rosace et gland, travail parisien du début du XVIIIe siècle, h : 31, diam. : 26 cm.
Adjugé : 206 400 €

Voici une vacation qui nous renvoyait à l’époque du grand goût français, où se sont illustrés bien des grands collectionneurs parisiens du XXe siècle. Le parfumeur Jacques Guerlain a été l’un d’entre eux, comme en témoignait la dispersion de quelques-unes de ses plus belles acquisitions, pieusement conservées par ses descendants depuis sa disparition en 1963. Résultat : 400 000 € récoltés pour la seule collection Guerlain (sur un produit global de 820 100 €). Un ensemble où brillaient en particulier les porcelaines de Chine montées, symboles de ce XVIIIe siècle alliant tous les raffinements (voir Gazette n° 40, page 30). Comme espéré, c’est bien le vase en porcelaine dite «céladon» qui caracolait en tête avec 206 400 € ; rappelons qu’il est enrichi d’une exceptionnelle monture en bronze doré d’époque Régence (un élément qui avait été personnalisé sous le règne de Louis XV). Une élégante paire d’aiguières, en «céladon craquelé» et à monture en bronze rocaille, l’accompagnait, et recueillait 109 200 €. Tonalités différentes, avec la paire suivante enlevée pour 25 200 € : deux vases en porcelaine décorée en bleu, d’époque Kangxi (1662-1722), arborant au revers la marque apocryphe de Chenghua, et une monture tout aussi Louis XV. Datant du XIXe siècle, un grand vase balustre, décoré dans deux réserves de paysages lacustres, récoltait quant à lui 15 500 €. Du côté des manufactures européennes, on notait des succès plus discrets, à l’image des 5 280 € remportés par le plat rond dans le style des porcelaines de Chine de la famille verte de l’époque Kangxi, marqué «Roos» (du fameux atelier de la rose) vers 1720 ; tandis que la garniture de cinq éléments en Delft n’était pas vendue. La France se faisait remarquer par un groupe représentant Ariane et Bacchus, en porcelaine tendre, de la manufacture orléanaise Gerault D’Areaubert au XVIIIe siècle. Elle était préemptée à 2 700 € par le musée des beaux-arts d’Orléans. Au rayon du mobilier se distinguaient quelques exemples de la grande ébénisterie du siècle des Lumières, à l’image d’une table d’architecte attribuée à Abraham Roentgen des alentours de 1750 (voir page 192 de La Gazette n° 40), déménagée à 20 400 €. 
 

Provenant de l’ancienne collection Dubois-Chefdebien, dispersée les 18 et 19 décembre 1940, à l’hôtel Drouot, où elle fut acquise par Jacques Guerlain
Provenant de l’ancienne collection Dubois-Chefdebien, dispersée les 18 et 19 décembre 1940, à l’hôtel Drouot, où elle fut acquise par Jacques Guerlain, cette paire d’aiguières (h. 31,5 cm) en porcelaine craquelée de Chine, dite «céladon», s’orne de somptueuses montures en bronze finement ciselé et doré. On peut détailler à loisir leurs déversoirs à palmettes et quadrillages, leurs anses à enroulements feuillagés, et leurs bases à palmettes alternées de réserves quadrillées, moulures, agrafes et coquilles stylisées. Un duo princier qui s’élevait jusqu’à 109 200 €.
 
Ils ne provenaient pas de la collection Guerlain, mais créaient la surprise : deux groupes représentant chacun une chienne allongée et sa portée de qu
Ils ne provenaient pas de la collection Guerlain, mais créaient la surprise : deux groupes représentant chacun une chienne allongée et sa portée de quatre chiots (41 x 90 cm) ; ils étaient en tilleul finement ciselé et patinés «au naturel». Pour ce travail dit «de la Forêt-Noire», et du XIXe siècle, dix téléphones en provenance d’Angleterre, Belgique, Allemagne et France sonnaient. On le sait, ces objets pleins de vie étaient en fait réalisés dans la région de Brienz, en Suisse. Désireux d’adopter ces fidèles compagnons, un collectionneur britannique avançait 59 400 €.
 
Ce petit plat rond (diam. 26 cm) en faïence, peint dans le style des porcelaines de Chine de la famille verte de l’époque Kangxi, a été exécuté à Delf
Ce petit plat rond (diam. 26 cm) en faïence, peint dans le style des porcelaines de Chine de la famille verte de l’époque Kangxi, a été exécuté à Delft au sein du fameux «atelier de la Rose», dont il porte la marque : «Roos». Richement décoré vers 1720 d’animaux fantastiques, de papillons et de rosaces, il est issu de l’ancienne collection Paul Blancan, et fut acquis lors de sa dispersion les 20 et 22 juin 1924, à Paris. Pour cette pièce, parmi les plus virtuoses de la production de la cité hollandaise, il fallait avoir prévu 5 280 €.
 
La table dite «à en-cas» complétait volontiers l’ameublement des salons et chambres à coucher sous le règne de Louis XV. Datant de cette époque, en vo
La table dite «à en-cas» complétait volontiers l’ameublement des salons et chambres à coucher sous le règne de Louis XV. Datant de cette époque, en voici un parfait exemple (72 x 59 x 37 cm) mouvementé, portant les estampilles «Denis Genty» (reçu maître le 13 mars 1754) et «JME». Munie de son indispensable niche plaquée en fil et quartefeuilles, elle était à vous pour 8 640 €. Marquetée de branchages fleuris et feuillagés sur frisage de satiné dans des encadrements d’amarante, elle s’agrémente de chutes également marquetées à l’imitation d’une garniture de bronze.
samedi 24 novembre 2018 - 14:00 (CET)
Galerie des ventes, 2, impasse Notre-Dame-du-Chemin - 45000 Orléans
Pousse-Cornet
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