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De l’importance du détail chez Gérard Schlosser

Publié le , par Caroline Legrand
Vente le 27 février 2022 - 10:00 (CET) - 20, rue Jean-Jaurès - 06400 Cannes

Gérard Schlosser était âgé de plus de 80 ans lorsqu’il réalisa cette toile. Le temps n’a ainsi pas d’emprise sur lui, ni sur sa peinture qui continue de renvoyer des images arrêtées sur la vie des gens. 

Gérard Schlosser (né en 1931), Juste là, 2013, acrylique sur toile sablée, signé,... De l’importance du détail chez Gérard Schlosser
Gérard Schlosser (né en 1931), Juste là, 2013, acrylique sur toile sablée, signé, daté et titré au dos, 100 100 cm.
Estimation : 12 000/15 000 


Entre pop art et figuration narrative, Gérard Schlosser élabore dès les années 1950 une peinture très personnelle, basée sur la présentation en gros plan de parties du corps féminin, tout en aplats et cernes noirs. Cette forme de narration, où quelques détails suffisent à faire plonger le spectateur dans la vie de ses personnages, lui a été inspirée en 1953 par une représentation de la pièce de Beckett En attendant Godot. «Raconter avec des gros plans… voilà ce qui a produit le : il faut que je me mette à peindre. Tu vois, le passage de Fernand Léger à Beckett. Chez Léger, il n’y a pas de gros plans taillés dans la réalité par le cadrage, chez Beckett c’en est plein», a-t-il confié à Francis Moreeuw. Ainsi, avec cet acrylique sur toile, on entre dans l’univers de trois personnages, dans leur intimité mise en évidence par le titre, Juste là, et par la proximité de ce bras nu. On devine leurs secrets, aussi, puisqu’on assiste à une discussion entre les deux jeunes femmes en arrière-plan. Un mystère semble planer au-dessus d’une autre toile présentée également lors de cette vente, de 2018 et intitulée Si tu savais où. On y voit une demoiselle assise au premier plan et… un étrange chemin serpentant derrière elle (12 000/15 000 €). Si l’érotisme et la sensualité demeurent inséparables du travail de l’artiste, la mélancolie sourd également de ces femmes à la beauté lisse. Ces «images arrêtées» peintes doivent beaucoup à la photographie et au cinéma des années 1960. On sait que Schlosser utilisa dès les années 1970 la technique du photomontage, associant par le découpage deux ou trois éléments issus de documents différents, ainsi qu’un épiscope servant à projeter une image sur la surface de sa toile. À la manière des photographes, il cherche le détail, le cadrage parfait : «Oublier le tout pour ne garder qu’un détail, celui qui porte une signification», affirme-t-il. Mais derrière ce fragment, à l’extérieur du cadre, l’histoire se poursuit…

dimanche 27 février 2022 - 10:00 (CET) - Live
20, rue Jean-Jaurès - 06400 Cannes
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