De Baecque reprend le fonds de Leclere

Le 12 novembre 2019, par Vincent Noce

La société, déjà active à Drouot et Lyon, entend ainsi développer son activité en rouvrant l’hôtel des ventes de Marseille.

Le Portrait présumé de Marie-Geneviève Lemoine avec sa fille Anne Aglaé Deluchi, dans un parc, huile sur toile de Marie-Victoire Lemoine, a été adjugé 167 640 € (record français pour l’artiste) par De Baecque & Associés OVV le 27 mars 2019, à Drouot.

La brusque faillite de la maison de ventes de Damien Leclère a été une fort mauvaise surprise pour les places de Paris et Marseille, qui avaient été impressionnées par son dynamisme. Tout est allé très vite : le bilan a été déposé le 26 août. Le 2 septembre, constatant l’importance des dettes au regard de l’activité, le tribunal a prononcé la mise en liquidation. Et il vient, le 22 octobre, d’accorder la reprise du fonds de commerce à son confrère Étienne de Baecque. Fort de son implantation à Lyon et à Drouot, celui-ci a totalisé 12,7 M€ de ventes en 2018. Seul à avoir répondu à l’appel d’offres, il s’est engagé à inventorier les objets déposés auprès de la défunte société et à en gérer la restitution, sous le contrôle du mandataire de justice. Les clients ont jusqu’au 12 décembre pour lui réclamer leur bien, un délai qui est bien spécifié comme étant impératif. Ils se verront alors offrir le choix de les remettre en vente en signant, s’ils le souhaitent, un nouveau mandat avec le repreneur. L’hôtel des ventes, qui dispose de 900 mètres carrés rue Courdouan, au cœur de Marseille, a ainsi pu rouvrir ses portes début novembre sous la nouvelle enseigne (laquelle ne compte pas utiliser le nom de Leclère). Étienne de Baecque y prévoit déjà une vente en décembre, tout en précisant qu’il ne reprendra pas en revanche les bureaux de la rue Drouot. Il considère que l’inventaire des objets, dont il évalue le nombre à plusieurs milliers, pourrait être bouclé en quinze jours. Trois des seize anciens employés se sont vu proposer un contrat dans la nouvelle structure et deux embauches sont imminentes. Cette offre de reprise, portant uniquement sur l’outil de travail, ne concerne pas le passif. Son montant et celui de l’endettement ont donné lieu à des informations contradictoires, tandis que la comptabilité et l’état des comptes client étaient manifestement passés au peigne fin. Les personnes qui attendent le règlement d’un objet passé en vente avant l’été doivent donc réclamer leur créance au liquidateur, dans le même délai. Étienne de Baecque souligne la cohérence de son ambition, qui lui permet de couvrir la ligne Paris-Lyon-Marseille, les experts et les employés pouvant au besoin se déplacer facilement d’une ville à l’autre. Il explique avoir sauté sur l’occasion qui lui était offerte, alors qu’il se préparait à un développement vers le midi de la France. Après avoir connu le succès à Marseille, où il avait débuté en 2006, Damien Leclère a pris pied à Drouot en 2015. Allant jusqu’à porter son produit de ventes, l’année dernière, à 22,5 M€, il avait diversifié ses opérations, allant des voitures d’occasion au street art, en passant par le vin. En 2017 notamment, il avait obtenu 360 000 € d’un beau portrait de Scipion du Roure par Nicolas Mignard, après avoir, au fil des années, vendu une statue song près de 2,5 M€, un paysage de Fra Angelico et de l’atelier pour 1,4 M€, une bague 1929 de Van Cleef 1,3 M€ ou encore une Ferrari 815 000 €.
 

à savoir
Me Vincent de Carriere (50, rue Sylvabelle 13006 Marseille, liquidation.lecleremdv@lesmandataires.com) À la suite de la publication dans les médias d’informations contradictoires sur les dates, il est précisé officiellement que la revendication des objets comme des créances se clôt le 12 décembre 2019.
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