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Dans les papiers convoités de Jules Barbey d’Aurevilly

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Sur son site et à l’occasion de la parution, aux éditions de Pierre Glaudes et Catherine Mayaux, de l’Œuvre critique IV de l’auteur des Diaboliques, Philippe Sollers s’interrogeait : «Qui se soucie encore de Barbey d’Aurevilly (1808-1889) qui a passé son temps à déranger son époque ?». Les résultats de cette vente lui apportent...

Dans les papiers convoités  de Jules Barbey d’Aurevilly
Jules Barbey d’Aurevilly (1808-1889), cahier de dédicaces, dont 213 de la main de l’écrivain (trente-neuf signées), 138 pages.
Adjugé : 23 184 €

Sur son site et à l’occasion de la parution, aux éditions de Pierre Glaudes et Catherine Mayaux, de l’Œuvre critique IV de l’auteur des Diaboliques, Philippe Sollers s’interrogeait : «Qui se soucie encore de Barbey d’Aurevilly (1808-1889) qui a passé son temps à déranger son époque ?». Les résultats de cette vente lui apportent une ébauche de réponse. Beaucoup de monde en fait, et tout particulièrement les institutions officielles. L’anticonformisme a encore de belles heures devant lui… Les archives départementales de la Manche, où la commune de Saint-Sauveur-le-Vicomte abrite un musée dédié à l’écrivain sis dans sa maison familiale , ont acquis quatorze des trente-quatre lots proposés, pour un total de 71 000 €. L’enchère la plus élevée, 23 184 €, honorait un cahier de dédicaces rédigées en différentes encres de couleur, dont 213 étaient de la main de Barbey d’Aurevilly  trente-neuf signées par lui. On pouvait lire sur l’une d’entre elles, à l’intention de Louise Read (1845-1928) amie, secrétaire et chargée d’affaires de l’homme de lettres , «quand les femmes nous passent sur le cœur, c’est, comme les charrues sur la terre, pour l’ouvrir et la féconder. Mais comme ces charrues, elles ne savent pas ce qu’elles font.» Ce cahier a dû servir à Jean de Bonnefon  (1866-1928) pour la réalisation de son ouvrage Les Dédicaces à la main de Barbey d’Aurevilly, paru en 1908. On retrouvait Louise Read, ou plutôt sa plume, sur un répertoire des œuvres de son patron (1 288 €), sur une lettre autographe adressée au graveur Félix Buhot (451 €) et sur un ensemble de documents et de lettres concernant la succession du «Connétable des lettres» (1 288 €). Celle qui était surnommée son «Ange noir» sera instituée sa légataire universelle. C’est également elle qui fondera le musée Barbey-d’Aurevilly. 

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