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Dans la roue d’or de l’art nouveau

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Ce paon pouvait déployer sa roue en signe de fierté, comme celui du poème éponyme de Jules Renard «En habit de gala, il était prêt (…)». Ornement principal d’une broche en or jaune, il devenait à 55 000 € le plus bel atour d’un écrin art nouveau (voir Gazette n° 9 du 2 mars, pages 50 et 51). L’Anglaise Viviane Becker est...

Dans la roue d’or de l’art nouveau
Broche en or jaune stylisée d’un paon, l’aigrette sertie d’émeraudes, dans un encadrement en émail plique-à-jour semé d’opales, signée L. Gautrait (1865-1937), exécutée vers 1900, h. 6,7 cm, l. 7,8 cm, poids brut 31,11 g. Adjugé : 55 000 €

Ce paon pouvait déployer sa roue en signe de fierté, comme celui du poème éponyme de Jules Renard «En habit de gala, il était prêt (…)». Ornement principal d’une broche en or jaune, il devenait à 55 000 € le plus bel atour d’un écrin art nouveau (voir Gazette n° 9 du 2 mars, pages 50 et 51). L’Anglaise Viviane Becker est l’auteur d’un ouvrage de référence sur le bijou de cette époque, Art Nouveau Jewelry (Thames & Hudson, Londres, 1985), y écrivant que le paon en incarne «le narcissisme sous-jacent» et que cela explique pourquoi le volatile est si souvent prisé des créateurs. Il était ici sélectionné par Lucien Gautrait (1865-1937), présenté aussi sous le prénom de Léopold. Entré comme ciseleur modeleur chez le bijoutier Léon Gariod, il en devient le fidèle collaborateur. Selon le joaillier, collectionneur et spécialiste du bijou Henri Vever, Gariod est entré dans la profession comme fabricant de bracelets souples et de chaînes en or mat rehaussés de pierres, des créations sobres et riches à la fois qui firent son succès et lui permirent de s’ouvrir à plus de fantaisie. C’est ainsi qu’il en vint à exécuter des pendants de cou et des broches inspirées de l’air du temps, c’est-à-dire de la nature et de ses habitants. À ses côtés, dans les niches alvéolées de cet écrin 1900, le pendentif stylisé d’un bouquet de chardons serti de diamants, de la maison Callot, Peck et Guillemin Frères (voir page 50 de la Gazette ci-dessus mentionnée), balançait ses tiges émaillées à 18 750 €, et un collier en or et argent retenant une importante émeraude taillée en coussin, d’où partait une perle rose en pampille, accrochait 31 250 €. Réalisé lui aussi vers 1900, il ne possède aucun poinçon permettant de l’attribuer à un nom de la période. Chacun de ces bijoux présentait, aux côtés des pierres leur conférant leur préciosité, des rehauts d’émail polychromes rehaussant leur effet. La nature généreuse s’enroulait autour de ces créations en autant de liserons, feuilles de chardon, plumes de paon ou lys lequel s’épanouissait sur une broche délicate, retenue à 7 375 €.

mercredi 07 mars 2018 - 14:00 (CET) - Live
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