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Couvent de La Tourette : Anselm Kiefer à La Tourette

Publié le , par Virginie Chuimer-Layen

Dans le cadre de la 15e édition de la Biennale de Lyon, le plasticien allemand Anselm Kiefer investit le couvent de La Tourette où en 1966, déjà, il avait séjourné trois semaines et découvert « la spiritualité du béton ». Comme un retour aux sources de son engagement artistique, cette exposition d’une trentaine de pièces...

Anselm Kiefer (né en 1945), Résurrection, 2019. Couvent de La Tourette : Anselm Kiefer à La Tourette
Anselm Kiefer (né en 1945), Résurrection, 2019.
© Anselm Kiefer et Jean-Philippe Simard

Dans le cadre de la 15e édition de la Biennale de Lyon, le plasticien allemand Anselm Kiefer investit le couvent de La Tourette où en 1966, déjà, il avait séjourné trois semaines et découvert « la spiritualité du béton ». Comme un retour aux sources de son engagement artistique, cette exposition d’une trentaine de pièces parle du sacré, du poids de l’histoire, de la destruction d’où rejaillissent la lumière, la vie et donc l’espoir. Dans l’atrium, Danaé, déesse grecque fécondée par Zeus, symbolisée par un tournesol s’élançant d’un amas de livres perlés de graines dorées, porte en elle les réflexions philosophiques, religieuses, cosmogoniques, faisant tout le sel de l’œuvre de l’artiste. À l’église, Résurrection est la seule installation faite pour l’occasion. Résonnant naturellement, comme les autres pièces, avec l’esthétique du Corbusier, l’œuvre magistrale reprend la symbolique de ces tournesols qui surgissent d’un champ de ruines (seraient-ce des tombeaux ?) et s’ouvrent à la lumière divine. Au réfectoire, est présentée Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Chère à Leibniz, sa représentation, chargée de couleurs et de matières âpres, symptomatiques de sa manière, met encore en exergue un livre ouvert. Récurrence plastique parmi les favorites de Kiefer, celle-ci se lit comme une allégorie de la Connaissance et des Écritures saintes. Mais c’est dans la cour intérieure encerclée par l’édifice radical, que se joue une scène des plus saisissantes : fantômes immaculés sans tête, Les Femmes martyres sont les héroïnes d’une tragédie antico-chrétienne où se rejoue la mise à mort de la religion persécutée. Cette exposition à l’empreinte mélancolique est l’une des plus réussies de La Tourette. Elle dévoile avec solennité les rapports communs aux deux artistes, matières, architecture, lumière, spiritualité, tout en nous interrogeant sur nous-mêmes.

Couvent de La Tourette,
route de La Tourette, Éveux (69), tél. : 04 72 19 10 90.
Jusqu’au 22 décembre 2019.
www.couventdelatourette.fr
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