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Coq, condor et taureau : Artus et Guayasamín

Publié le , par Philippe Dufour
Vente le 21 mai 2022 - 14:00 (CEST) - 246-248, rue Giraudeau - 37000 Tours

Point d’orgue d’une semaine de fêtes, un combat symbolique propre à la région andine et saisi par Guayasamín attirait les attentions, tout comme des animaux plus familiers de nos basses-cours.

Charles Artus (1897-1978), Le Coq, bronze à la cire perdue, patiné, portant le cachet... Coq, condor et taureau : Artus et  Guayasamín
Charles Artus (1897-1978), Le Coq, bronze à la cire perdue, patiné, portant le cachet de fondeur «C. Valsuani», terrasse en granit noir, 32 20 14 cm.
Adjugé : 40 300 

Décryptée dans la Gazette n° 19 (voir l'article La fête sanglante d’un peintre vedette d’Équateur, Oswaldo Guayasamin de la Gazette n° 19, page 30), la peinture d’Oswaldo Guayasamín rappelle l’œuvre puissante élaborée par cet artiste autour des traditions de son pays natal. Parmi les plus étonnantes, cette lutte sanglante entre deux poids lourds de la Cordillère, une composition sur panneau : Le Taureau et le condor (76 56 cm). Il s’agit d’un moment fort de la Yawar Fiesta – la «Fête du sang» –, où le rapace est attaché sur le dos du quadrupède, et excité par des toreros jusqu’à l’épuisement du taureau livré aux coups de bec. Certains y ont vu un symbole de l’affrontement entre l’autochtone amérindien et le colonisateur espagnol ; le sujet et son traitement ont, en tout cas, séduit les connaisseurs, puisque le tableau a été acquis pour 58 280 €. Tout aussi vindicatif, s’avançait Le Coq de Charles Artus. Modelé par ce grand sculpteur animalier et apprivoisé à l’aide de 40 300 €, il prenait la forme d’une sculpture en bronze à la cire perdue, patiné, portant le cachet de fondeur «C. Valsuani» et juché sur une terrasse en granit noir (32 20 14 cm). Plus craintif, il y avait aussi un Fennec, cette fois dû à la sensibilité d’Édouard-Marcel Sandoz, également spécialiste du genre ; cet autre bronze à la cire perdue, patiné et portant le cachet de fondeur «Susse Frères Éditeurs à Paris» (29,5 31 18 cm), partait à 23 320 €. Sans transition, on passait dans un univers policé, grâce à un imposant surtout de table en argent richement ciselé par Émile Froment-Meurice, dont la partie sommitale figure Cérès assise, tenant dans ses mains des épis de blés et une corne d’abondance. La base à ressauts, agrémentée d’un bœuf, d’un veau et de moutons, également en ronde bosse, est parcourue de scènes de labours. L’objet constituait une récompense instituée par le ministère de l’Agriculture et du Commerce en 1870, une prime d’honneur ici donnée « à Monsieur Tauvin à Pont-Levoy Loir-et-Cher» lors du concours régional de Blois de 1875. Pour ce monument vertueux (poids brut : 10 900 g, 49 53 40 cm), poinçonné du nom de l’orfèvre, il fallait prévoir 26 040 €.

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