Cologne Fine Art : succès public pour édition dépoussiérée

Le 03 décembre 2019, par Pierre Naquin et Hugues Cayrade

Sous la houlette de Daniel Hug, la Cofad a repris des couleurs en cette fin d’automne. Après cinquante éditions, la foire pourrait même avoir trouvé son second souffle.

Le stand Kollenbur sur Cologne Fine Art & Design 2019. Courtesy Cologne Fine Art & Design

Près de 20 000 visiteurs ont, du 21 au 24 novembre, poussé les portes du parc des expositions de Cologne pour participer à la 50e édition de la foire aux beaux-arts et au design. Cet incontestable succès public  la jauge moyenne se situait ces dernières années en dessous de 15 000 personnes  est sans doute à mettre au crédit du nouveau maître de cérémonie, Daniel Hug, par ailleurs directeur d’Art Cologne depuis 2008, qui a su rafraîchir et moderniser ce salon historique, dédié aux antiquités au sens large et à l’art des XIXe et XXe siècles, mais désormais aussi au design, plus contemporain. Une centaine de galeries et de marchands étaient réunis pour cette édition jubilaire «repensée», et, à une très grande majorité, ont plébiscité le concept développé par M. Hug, saluant une organisation impeccable et une fonctionnalité retrouvée. «Nous avons été capables d’insuffler une nouvelle vie au secteur des antiquités et des arts anciens, commente l’intéressé. L’apport du design complète l’offre de notre salon, y ajoute une importante touche de modernité, et je suis convaincu que nous allons dans la bonne direction.»
Au croisement de l’ancien et du contemporain
Revenu à Cologne après neuf ans d’absence, Viebahn Kunsthandel, expert en antiquités, montres et sculptures, du rococo au néoclassicisme, basé à Worpswede, en Basse-Saxe, confirme : «La nouvelle organisation de la foire est parfaite et, selon nous, la relance dans le futur. Nous sommes heureux d’y avoir participé à nouveau cette année, d’y avoir rencontré de nombreux clients et noué de nouveaux contacts.» De son côté, Andreas Petzold, de la galerie Am Elisengarten, à Aix-La-Chapelle, estime que «ce croisement de l’art ancien et de l’art plus contemporain est intéressant. Leur mise en valeur respective est une vraie réussite. À mon avis, c’est une voie à développer pour l’avenir du salon, parce que, autant il est relativement facile de créer une nouvelle foire, autant développer une manifestation aussi ancienne est un véritable tour de force». Satisfait de la fréquentation de son stand et de ses ventes, le marchand de peinture et de bijoux appelle cependant de ses vœux une plus large internationalisation de Cologne Fine Arts & Design. «Le niveau des expositions présentées était vraiment élevé cette année et est venu rappeler que Cologne est toujours une destination de choix pour les beaux-arts, et qu’elle entendait bien le rester», insiste Ofer Gildor, de l’enseigne londonienne Gilden. «L’élégante combinaison des disciplines a permis aux collectionneurs d’acquérir des œuvres dans des catégories auxquelles ils n’avaient peut-être pas pensé jusque-là.» Spécialisé dans les arts d’Afrique et d’Océanie, le Bruxellois Patrick Mestdagh ne cache pas non plus sa satisfaction au regard des transactions réalisées à Cologne : «Une masse fidjienne de type Bulibuli, plutôt rare, a rapidement trouvé preneur, ainsi qu’un très beau plat zoulou. Nous avons également vendu une paire de pagaies rituelles de Madagascar, à travers l’opération Jeune Collectionneur, une excellente initiative des organisateurs. Le marché allemand est encore à découvrir. Le public est discret, mais intéressé et connaisseur.» Son compatriote Herwing Simons s’est séparé d’un duo de figurines en fonte du Val d’Osne et affiche un bilan plutôt satisfaisant de son passage sur la foire, même s’il souhaiterait y voir davantage d’antiquaires dans les années à venir.
Bon niveau de synergie
Avec un chiffre d’affaires de 40 000 € pour sa deuxième participation à la Cofad, la galeriste barcelonaise Victoria Cortina, spécialisée dans l’art moderne et contemporain, ne boude pas son plaisir : «Dans l’ensemble, il y a eu plus de monde sur notre stand que l’année dernière, à part peut-être les deuxième et troisième jours, où la fréquentation était plus calme. Le public s’est montré très intéressé par nos travaux et nous avons aussi accueilli davantage de collectionneurs qui, s’ils n’ont pas tous acheté, ont demandé les prix et gardé le contact.» «L’avant-première a bien fonctionné pour nous, et le week-end aussi. Nous avons vendu plusieurs pièces entre 12 000 et 33 000 €. Le concept de Daniel Hug fonctionne, en créant un bon niveau de synergie entre les différents secteurs. Nous reviendrons l’année prochaine, c’est sûr», indique le très contemporain Albert Baumgarten. «Nous avons été très agréablement surpris de voir de jeunes collectionneurs attirés par notre stand et avons placé certaines de nos œuvres dans différentes collections privées, reconnaît la galerie d’art contemporain, Sakhile

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