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Collection Jean Nicolier : Souverbie, Picabia, Pollès

Publié le , par Claire Papon

Des tableaux de Jean Souverbie et Francis Picabia, des bronzes de Pollès, du mobilier ancien et bien sûr des majoliques, des faïences et des porcelaines révèlent les goûts éclectiques du marchand parisien.

Francis Picabia (1879-1953), Le Philosophe, 1946, huile sur toile, 100 x 81 cm. Estimation :... Collection Jean Nicolier : Souverbie, Picabia, Pollès
Francis Picabia (1879-1953), Le Philosophe, 1946, huile sur toile, 100 81 cm.
Estimation : 120 000/180 000 
Adjugé : 330 200 

Son magasin quai Voltaire fut un passage obligé des amateurs de céramiques pendant des décennies. Le grand érudit qu’était Jean Nicolier laisse plusieurs ouvrages sur la céramique. Le 28 mars 1995, la maison Tajan adjugeait pour plus de 3,5 MF (environ 750 000 € en valeur réactualisée) un ensemble de pièces anciennes ayant fait partie du stock de la maison, qui fermait définitivement ses portes. L’ensemble proposé aujourd’hui a été conservé par la famille. Une Jeune fille à sa fenêtre de Jean Souverbie, attendue à 5 000/8 000 €, dialogue avec une toile de Francis Picabia de 1946, Le Philosophe (voir photo ci-dessous). Acquise en vente publique au palais Galliera en 1964, conservée sur son support d’origine, elle est typique des œuvres réalisées par l’artiste à son retour à Paris en 1945. Picabia, dont le style ne cessera d’évoluer, se remet en effet à écrire et se tourne à nouveau vers l’abstraction. Il joue ici avec les couches de la peinture, avec les craquelures provoquées par l’épaisseur de la matière. La toile est estimée, raisonnablement, 120 000/180 000 €. Mais c’est bien sûr autour de la céramique que bat le cœur de cette collection. Des bols iraniens anciens font écho à deux plats en majolique de Deruta, ornés de profils de personnages, une gourde de pèlerin de Nevers (vers 1680) à décor de scènes de chasse d’après Antonio Tempesta (vers 1680, 8 000/12 000 €). De Sèvres enfin, une assiette du service des «Quartiers généraux» (vers 1807-1808) met en scène l’enlèvement du quadrige de chevaux en cuivre doré du balcon de la basilique Saint-Marc, à Venise, en décembre 1797 par Bonaparte (voir page 34). Les lourds chevaux (900 kg chacun) sont descendus en présence de la foule des Vénitiens – en colère – et de l’armée d’Italie, avant d’être transportés par mer jusqu’à Toulon, où ils arrivent le 6 avril 1798. Pendant dix-sept ans, ils restent à Paris, dans la cour des Tuileries puis sur l’arc de triomphe du Carrousel, édifié à la gloire des armées napoléoniennes. Restitués en 1815, ils reprennent leur place à Venise sur le portique de Saint-Marc, Charles X confiant au sculpteur Bosio la réalisation d’un nouveau quadrige. La présence des chevaux à Paris suscita de nombreuses représentations. Comptez 100 000/120 000 € pour celle-ci.
 

Sèvres. Assiette du «service particulier de l’Empereur», dit aussi des «Quartiers généraux», porcelaine représentant l’enlèvement des chev
Sèvres. Assiette du «service particulier de l’Empereur», dit aussi des «Quartiers généraux», porcelaine représentant l’enlèvement des chevaux de la basilique Saint-Marc à Venise par Jean-François Robert, vers 1807-1808, diam 24,5 cm.
Estimation : 100 000/120 000 
Préemption château de Fontainebleau.


 

Trois autres veilleuses en porcelaine de Sèvres, d’un modèle proche, sont connus – dont l’une à la Wallace Collection (Londres), une autre
Trois autres veilleuses en porcelaine de Sèvres, d’un modèle proche, sont connus – dont l’une à la Wallace Collection (Londres), une autre à Waddesdon Manor, la troisième étant non localisée aujourd’hui. C’est dire si notre porcelaine tendre datée 1760, et à la marque du peintre Jean-Louis Morin (h. 23,5 cm), devrait susciter une belle bataille d’enchères à hauteur de 80 000/120 000 €. Elle est composée d’un piédestal, d’une partie médiane octogonale creuse, à pilastres, surmontée d’une statuette de poule couvant ses petits et d’un cylindre reposant sur une plaque percée en argent doré pouvant vraisemblablement supporter un œuf. Entre brûle-parfums et réchaud pour des aliments solides ou liquides, la fonction de ce type d’objet n’a pas été clairement identifiée.
Estimé 10 000/15 000 €, ce plat (diam. 48 cm) en majolique de Deruta est magistralement décoré d’un profil d’homme en buste, la tête couve
Estimé 10 000/15 000 €, ce plat (diam. 48 cm) en majolique de Deruta est magistralement décoré d’un profil d’homme en buste, la tête couverte d’une coiffe ornée de plumes, à côté d’un phylactère, l’aile décorée d’une frise de plumes stylisées se détachant sur un fond jaune. Si des potiers existent dans cette cité de la province de Pérouse vers 1280, c’est au XVe et surtout au XVIe siècle que la production est la plus intense et la plus élaborée, notamment de plats destinés à marquer un événement important. C’est probablement le cas du nôtre, exécuté vers 1510, et passé par la collection Adda, cédée à Paris, en novembre 1965 par Maurice Rheims.




































 

«La sculpture féminine de Pollès ne décore pas l’espace, elle l’habite», écrivait Jean Nicolier en préface du catalogue de l’exposition co
«La sculpture féminine de Pollès ne décore pas l’espace, elle l’habite», écrivait Jean Nicolier en préface du catalogue de l’exposition consacrée à l’artiste au musée Campredon, à L’Isle-sur-la Sorgue, en 1986. Venu à l’art après des études de médecine, Dominique Pollès (né en 1945) fait de la figure féminine son thème de prédilection, de la Toscane son lieu de vie, du bronze le matériau qu’il cisèle, lime, taille, tranche, soude, ponce et patine. Il se définit comme «obstétricien de la forme». La preuve par l’image avec Caroline, bronze patiné à l’argent (0/4, 50 60 80 cm) pour lequel 4 000/8 000 € sont avancés.
En octobre 1807, Napoléon Ier commande à la manufacture de Sèvres le «service particulier de l’Empereur», dit aussi des «Quartiers Générau
En octobre 1807, Napoléon Ier commande à la manufacture de Sèvres le «service particulier de l’Empereur», dit aussi des «Quartiers Généraux» pour son usage personnel. Il est livré aux Tuileries le 27 mars 1810 à l’occasion de son mariage avec Marie-Louise, et comporte entre autres 72 assiettes dont les décors, fournis par Napoléon lui-même pour certains, évoquent ses différentes campagnes, l’expédition d’Égypte, des vues de Paris, des grands travaux exécutés en province ou des résidences impériales. Avec cette précieuse assiette (diam. 24,5 cm) estimée 80 000/120 000 €, direction Rambouillet, son château et son lac.
Adjugé : 254 000 €
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