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Collection Focillon-Baltrusaitis, icônes de l’art

Publié le , par Christophe Provot

Ancrée dans l’art du XXe siècle, la collection assemblée par les deux grands historiens de l’art faisait la joie des collectionneurs et des musées.

Frédéric Bazille (1841-1870), Baigneurs sur une plage, 1864 ou 1869, crayon noir,... Collection Focillon-Baltrusaitis, icônes de l’art
Frédéric Bazille (1841-1870), Baigneurs sur une plage, 1864 ou 1869, crayon noir, traits d’encadrement, 17 26 cm.
Adjugé : 44 450 

Très attendue, comme le laissait supposer l’Événement de la Gazette n° 17 (voir l'article Focillon - Baltrusaitis : histoire de l’art et affaire de famille de la Gazette n° 17, page 14), la dispersion de la collection Focillon - Baltrusaitis était à la hauteur des espérances. Celle-ci totalisait 963 863 € – sur une estimation basse de 261 110 € – avec 85 % des lots vendus. Autant dire une belle reconnaissance pour Henri Focillon (1881-1943) et son gendre Jurgis Baltrusaitis (1903-1988). La multiplicité des formes et des cultures, témoin de l’esprit de curiosité de cette famille d’intellectuels, offrait un large panorama artistique, dominé sans conteste par l’art russe. Objets de culte de première importance chez les orthodoxes, deux icônes, très admirées, totalisaient à elles seules 374 650 €, soit plus du tiers du total de la vente. Aux cimaises, de l’art français bien sûr –dignement représenté par Bazille, dont le dessin s’est adjugé 44 450 € –, mais aussi et surtout des artistes russes des années 1920, par Baltrusaitis père et son épouse, née Maria Ivanovna Olovyanishnikova (de la famille d’orfèvres). Si Georgii Iakulov était le plus représenté, au travers d’une dizaine d’œuvres, le couple possédait également une gouache sur papier (20 26,5 cm) de Nathalie Gontcharova figurant Deux cavaliers, partie pour 17 780 €. Mstislav Dobuzhinsky s’illustrait avec Pskov, le marché aux poissons, aquarelle sur trait de crayon noir et gouache (43,2 30,5 cm) emportée à 15 240 €. De nombreuses gravures complétaient la collection. Amateur de cet art, Henri Focillon réunit près d’une vingtaine d’eaux-fortes de Piranèse (1720-1778) – auquel il consacra sa thèse et un ouvrage –, vendues entre 127 et 1 206 €. En clôture de la vacation, le cabinet de curiosités de Baltrusaitis fils apportait son lot de belles enchères. L’orfèvrerie lettone recevait les honneurs de 27 940 € pour une chope en argent et vermeil (24,5 16,5 cm, poids 1 958 g) richement ornée et pourvue d’un portrait du roi de Suède Charles XII sur son couvercle. Du Japon, Utagawa Yoshitora obtenait 4 064 € pour « Les fleurs pour s’amuser des enfants d’Edo ou La Parade des pompiers », série complète de 85 estampes (36,5 25,2 cm) de 1858. Un tour du monde haut en couleur !
 

Probablement extraits d’un manuscrit de l’Aja’ib Al-Makhluqat, ou Les Merveilles des choses créées et les curiosités des choses existantes
Probablement extraits d’un manuscrit de l’Aja’ib Al-Makhluqat, ou Les Merveilles des choses créées et les curiosités des choses existantes, importante œuvre de cosmographie indienne, ces deux feuillets du XVIIe-XVIIIe siècle n’ont pas laissé indifférent le musée des beaux-arts de Lyon, qui les préemptait à 3 556 €. Le manuscrit fut composé par Zakariyya ibn Muhammad al-Qazwini, fameux illustrateur du monde animal. 
116 375 € venaient frapper Deux bacchantes s’enlaçant, dit aussi La Faunesse et la Nature ou La Nature d’Auguste Rodin (1840-1917). Signé
116 375 € venaient frapper Deux bacchantes s’enlaçant, dit aussi La Faunesse et la Nature ou La Nature d’Auguste Rodin (1840-1917). Signé et dédicacé «A Focillon», ce plâtre (h. 16 cm), dont le modèle fut créé en 1894, illustre le fort lien d’amitié entre le géant de la sculpture et le peintre et graveur Victor Focillon (1849-1918), qui l’avait aidé lors de l’affaire de la souscription au monument de Balzac. En atteste la lettre autographe du sculpteur l’accompagnant : «Quand voudrez-vous prendre le petit plâtre que j’ai grande envie de vous offrir 
Cette icône impériale triptyque (Moscou, 1908-1917), en vermeil et nacre, sertie d’améthystes et de grenats facettés, était quant à elle p
Cette icône impériale triptyque (Moscou, 1908-1917), en vermeil et nacre, sertie d’améthystes et de grenats facettés, était quant à elle préemptée à 165 100 € par le musée du Louvre. Elle figure saint Nicolas, sainte Alexandra et saint Alexis (les saints patrons du couple impérial Nicolas II et Alexandra Feodorovna et du tsarévitch Alexis). Présentant le poinçon d’orfèvre de Kuzma Konov pour Olovyanishnikov et fils – fournisseurs de la famille impériale –, elle est appelée à rejoindre le futur département des Arts de Byzance et des chrétientés d’Orient, dont l’ouverture est prévue pour 2025.
L’enchère la plus élevée de la vente, 209 550 €, revenait à cette précieuse icône triptyque en vermeil, argent (Moscou, 1899-1908), boulea
L’enchère la plus élevée de la vente, 209 550 €, revenait à cette précieuse icône triptyque en vermeil, argent (Moscou, 1899-1908), bouleau de Carélie et émail sertie de perles d’eau douce et de cabochons de corail et grenats. La monture a été réalisée par Ivan A. Alexeiev, probablement pour la maison Olovyanishnikov et fils. Ses miniatures s’inspirent quant à elles des fresques de Victor Mikhaïlovich Vasnetsov pour l’autel de la cathédrale Saint-Vladimir de Kiev, réalisé en 1880.





 
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