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Collection Durand-Dessert, une invitation à la réflexion

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 14 novembre 2018 - 14:00 (CET) - Salle 5 - Hôtel Drouot - 75009

Les résultats mitigés de la première partie de la collection Liliane et Michel Durand-Dessert, vendue chez Christie’s le 4 juillet dernier, se sont confirmés lors de cette seconde session. Les estimations élevées des pièces étaient en cause cet été, à l’exception de celle d’une rare figure de tambour mbembe, adjugée 1,9 M€....

Culture Nok (500 av. J.-C.-500 apr. J.-C.), Nigeria. Statue anthropomorphe en terre... Collection Durand-Dessert, une invitation à la réflexion
Culture Nok (500 av. J.-C.-500 apr. J.-C.), Nigeria. Statue anthropomorphe en terre cuite, h. 75 cm.
Adjugé : 22 860 €

Les résultats mitigés de la première partie de la collection Liliane et Michel Durand-Dessert, vendue chez Christie’s le 4 juillet dernier, se sont confirmés lors de cette seconde session. Les estimations élevées des pièces étaient en cause cet été, à l’exception de celle d’une rare figure de tambour mbembe, adjugée 1,9 M€. Cette seconde partie était titrée «L’art du temps» et Pierre Amrouche, auteur de la préface du catalogue, insistait sur «ces accidents, ces intempéries», qui «font partie de la vie autonome des objets » et laissent des traces échappant à toute action humaine. Peut-être ces marques laissées par les années, qui ont séduit le couple lors de leurs acquisitions, étaient-elles trop prégnantes et ne correspondent plus aux attentes des collectionneurs d’aujourd’hui ? La mise en scène de la salle 5 faisait pourtant forte impression avec cette «forêt» de statues d’ancêtre ou d’autel tout en hauteur, provenant du Nigeria et du Togo, et de poteaux funéraires bongo et belanda du Sud-Soudan. 16 510 € honoraient notamment un exemplaire de poteau (h. 150 cm) sculpté dans un tronc de bois lourd et gravé de motifs évoquant la chasse, surmonté d’une tête humaine, et 7 620 €, une statue d’ancêtre hermaphrodite moba du Togo (h. 199 cm). Alors que quelques pièces phares comme l’animal mythique bankoni du Mali (reproduit page 77 de la Gazette no 39) ou la maternité «aux quatre enfants» djenné, deux terres cuites anciennes, ne trouvaient pas de nouvelle destination, d’autres au contraire réussissaient leur rite de passage, à l’image de deux artefacts du Nigeria : 15 875 € rendaient hommage à une statue mambila (h. 86 cm) évoquant la danse et 12 446 €, à un masque Okua idoma à l’esthétique frappante et à la symbolique forte cet objet serait représentatif d’un style lié à une association de guerriers chasseurs de têtes. Il en était de même pour l’ensemble de pièces en terre cuite de la culture Nok (500 av.-500 apr. J.-C.) : 15 240 € saluaient une tête au haut front lisse, et à la barbe élégamment rendue, et 22 860 €, une statue anthropomorphe (reproduite ci-contre). Sa position assise, le menton posé sur des bras croisés reposant eux-mêmes sur les genoux, est récurrente dans la représentation masculine. Pour cette œuvre, on avait mentionné un très bon état de conservation…

mercredi 14 novembre 2018 - 14:00 (CET) - Live
Salle 5 - Hôtel Drouot - 75009
De Baecque et Associés
Gazette Drouot
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