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Collection Caput

Le 22 novembre 2018, par Anne Doridou-Heim

Sculptées par deux des nombreuses tribus de la République démocratique du Congo, les Bembe et les Luba, elles se font face ici, n’atteignant pas 35 cm à elles deux, et honorées d’un résultat quasi identique : 89 320 € pour la figure d’ancêtre (reproduite ci-contre) et 88 074 € pour la statuette reliquaire féminine. Toutes…

Collection Caput
Bembe, République démocratique du Congo. Statuette d’ancêtre en bois et perles, h.  14,5 cm.
Adjugé : 89 320 €

Sculptées par deux des nombreuses tribus de la République démocratique du Congo, les Bembe et les Luba, elles se font face ici, n’atteignant pas 35 cm à elles deux, et honorées d’un résultat quasi identique : 89 320 € pour la figure d’ancêtre (reproduite ci-contre) et 88 074 € pour la statuette reliquaire féminine. Toutes deux traduisent le haut degré atteint par les maîtres africains et retiennent les regards par l’intense émotion qu’elles dégagent. La première frappe par la force de son visage et la dynamique de sa pose. Elle a appartenu à Max Pellequer, l’un des grands protagonistes de l’art du XXe siècle, proche de Pablo Picasso et avec lequel il partageait un goût prononcé pour les arts primitifs. La seconde, collectée par Georges Van Halle entre 1940 et 1945, exprime une grande harmonie à travers sa beauté formelle, l’expressivité de son visage et ses grands yeux en amande, qui feraient presque oublier qu’elle servait d’intermédiaire pour faire face aux puissances antagonistes… Tels étaient les deux artefacts portés au plus haut lors de la dispersion de la collection de Béatrice et Patrick Caput. Ils figuraient en bonne place dans un panthéon constitué avec passion (voir Événement page 14 de la Gazette n° 36 du 19 octobre), aux côtés d’une canne sénoufo surmontée d’une figure féminine assise, agrémentée d’une coiffure tressée traditionnelle un objet offert aux cultivateurs les plus méritants à titre de récompense, ici honoré de 32 200 €. D’autres résultats venaient renforcer ces premiers prix : 39 928 € pour une porteuse de coupe-tabatière tshokwé (Angola, h. 9,5 cm), un objet de prestige d’un bel équilibre, 29 624 € pour un couple de statues-oracles sénoufo, œuvres saisissantes employées à des fins divinatoires et conjuratives, ou encore 32 200 € pour une canne cheffale baoulé, provenant probablement du trésor des Saléfoués, en bois et fer et portant des traces d’or à l’origine, elle en était totalement recouverte. Destination les îles Marquises, pour conclure. L’ornement ivipo’o représentant un tiki (reproduit page 16 de la Gazette no 36) frappait 54 096 €. Il faut savoir que ce petit os sculpté (h. 5 cm) a été vu dans plusieurs ouvrages sur l’art océanien et qu’il se distingue par sa thématique rare : un père et son descendant.
 

Atelier de la moyenne Lukuga, Luba orientaux, République démocratique du Congo. Statuette-reliquaire cultuelle en bois, h. 19,5 cm. Adjugé : 88 074 €
Atelier de la moyenne Lukuga, Luba orientaux, République démocratique du Congo. Statuette-reliquaire cultuelle en bois, h. 19,5 cm.
Adjugé : 88 074 €

Arts d'Afrique et d'Océanie
jeudi 15 novembre 2018 - 17:00 (CET) - Live
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