Claudia Andujar, la lutte Yanomami à la fondation Cartier

Le 30 juin 2020, par Sophie Bernard
Susi Korihana thëri au bain, pellicule infrarouge, Catrimani, Roraima, 1972-1974.
© Claudia Andujar

Accordant chaque année une place de choix à la photographie, la fondation Cartier met à l’honneur Claudia Andujar, dont la pratique se confond avec son combat de près de cinquante ans pour la sauvegarde des Yanomami, peuple d’Amazonie menacé par la déforestation. Avec plus de trois cents clichés noir et blanc et couleur, dont de nombreux inédits, cette première rétrospective de la photographe en France occupe l’intégralité de la fondation. Ambitieuse, l’exposition traite à la fois du parcours personnel, artistique et politique de cette Brésilienne d’origine suisse. Au rez-de-chaussée, place à de grands tirages offrant un panorama de la diversité et de la singularité de sa pratique avant-gardiste des années 1970 et 1980, croisant démarche documentaire et implication personnelle. Au sous-sol, le parcours revient sur ses différents projets, montrés sous forme de tirages, de livres ou encore de dessins des Yanomami collectés dans les années 1970. Mention spéciale pour Marcados (1981-1984) : cette série, réalisée à l’origine pour une campagne de vaccination des Yanomami, fait écho à la Shoah, dont a été victime la famille paternelle de la photographe. Mais le point d’orgue de l’exposition est l’installation Génocide Yanomami, mort du Brésil (1989-2018), offrant une véritable immersion dans l’univers de ce peuple amérindien. Plongé dans le noir, le visiteur est face à des écrans géants disposés en arc de cercle où rebondissent les images de Claudia Andujar au son d’une musique entêtante. À ne pas manquer.

Fondation Cartier pour l’art contemporain, 
261, boulevard Raspail, Paris XIV
e, tél. : 01 42 18 56 50.
Jusqu’au 13 septembre 2020.
www.fondationcartier.com
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